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Les alliés de la Première Guerre mondiale (1914-1918)

Publié 22. mai 2026 Mis à jour 15. juin 2026

Qui étaient les alliés de la Première Guerre mondiale ?

Les alliés de la Première Guerre mondiale (1914-1918) regroupaient les nations opposées aux Empires centraux, c'est-à-dire l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie, l'Empire ottoman et la Bulgarie. Au cœur de cette coalition se trouvait la Triple Entente, formée de la France, du Royaume-Uni et de la Russie. Au fil du conflit, cette alliance s'étendit à de nombreux autres pays, dont l'Italie en 1915, les États-Unis en 1917 et le Japon dès 1914, formant une coalition internationale d'une ampleur sans précédent dans l'histoire.

La Triple Entente : le noyau de la coalition alliée

La Triple Entente, formalisée entre 1907 et 1914, constituait le fondement diplomatique de la coalition alliée. Elle s'était construite en réponse à la montée en puissance de l'Allemagne et à la consolidation de la Triple Alliance (ou Triplice) entre Berlin, Vienne et Rome.

La France : mobilisation totale dès 1914

La France entra en guerre le 3 août 1914, au lendemain de la déclaration de guerre de l'Allemagne. Liée à la Russie par un traité d'alliance depuis 1894 et au Royaume-Uni par l'Entente cordiale de 1904, elle se retrouva immédiatement impliquée dans le conflit. La France fut l'un des théâtres principaux de la guerre : les batailles de la Marne, de la Somme et de Verdun se livrèrent sur son territoire, causant des millions de victimes.

La mobilisation française toucha l'ensemble de la société : environ 8 millions d'hommes furent mobilisés au total. Le pays engagea également ses troupes coloniales venues d'Afrique, d'Asie et des Antilles, faisant de la France un acteur global du conflit.

Le Royaume-Uni : la puissance maritime et coloniale

Le Royaume-Uni entra en guerre le 4 août 1914, au lendemain de l'invasion de la Belgique neutre par les armées allemandes. En tant que garant de la neutralité belge garantie par le traité de Londres de 1839, il ne pouvait rester à l'écart. L'Empire britannique mobilisa non seulement ses propres forces, mais aussi celles de ses dominions : le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, l'Afrique du Sud et l'Inde fournirent des contingents considérables.

La puissance maritime britannique joua un rôle stratégique décisif : le blocus naval de l'Allemagne, maintenu tout au long du conflit, asphyxia progressivement l'économie allemande et contribua de façon déterminante à la victoire finale des Alliés.

La Russie : le front de l'Est

La Russie entra en guerre dès le début d'août 1914, mobilisant ses armées sur le front oriental face à l'Allemagne et à l'Autriche-Hongrie. L'Empire russe constitua le principal front alternatif qui obligea les Empires centraux à diviser leurs forces entre l'Est et l'Ouest, évitant ainsi l'effondrement rapide de la France.

La révolution bolchevique d'octobre 1917 entraîna la signature du traité de Brest-Litovsk en mars 1918, par lequel la Russie soviétique se retira du conflit. Cette sortie de guerre permit à l'Allemagne de transférer ses divisions vers le front occidental, mais trop tard pour inverser le cours de la guerre.

Les alliés qui rejoignirent la coalition en 1914

Dès les premières semaines du conflit, plusieurs pays rejoignirent la coalition alliée, soit parce qu'ils en étaient les premières victimes, soit par calcul stratégique et diplomatique.

La Serbie : l'étincelle du conflit

La Serbie fut en quelque sorte à l'origine directe du conflit. L'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand à Sarajevo le 28 juin 1914 par Gavrilo Princip, nationaliste bosniaque proche des cercles serbes, conduisit l'Autriche-Hongrie à adresser un ultimatum inacceptable à Belgrade. Le refus serbe d'accepter toutes les conditions autrichiennes déclencha la déclaration de guerre austro-hongroise le 28 juillet 1914.

La Serbie résista avec vaillance malgré sa petite taille. Après une invasion austro-hongroise et bulgare en 1915, l'armée serbe effectua une retraite épique à travers l'Albanie jusqu'en Grèce, où elle fut reconstituée pour poursuivre le combat depuis Salonique.

La Belgique : envahie, non capitulée

La Belgique fut envahie par l'Allemagne le 4 août 1914, au mépris de sa neutralité garantie par les grandes puissances européennes depuis 1839. Le roi Albert Ier refusa de se soumettre et maintint une résistance acharnée, ce qui valut à la Belgique le surnom de « petite nation héroïque » dans la presse alliée.

L'invasion de la Belgique fut le prétexte direct qui entraîna l'entrée en guerre du Royaume-Uni. Elle galvanisa également l'opinion publique dans de nombreux pays neutres. La résistance belge, symbolisée par la défense du fort de Liège, contribua à retarder l'avance allemande et à permettre la mobilisation des armées françaises et britanniques.

Le Japon : expansion en Asie et dans le Pacifique

Le Japon déclara la guerre à l'Allemagne le 23 août 1914, en vertu de son alliance défensive avec le Royaume-Uni, signée en 1902. Sa participation au conflit fut avant tout dictée par des intérêts stratégiques : s'emparer des possessions coloniales allemandes en Asie et dans le Pacifique, notamment la concession de Jiaozhou en Chine et les îles Mariannes, Caroline et Marshall.

La contribution militaire japonaise en Europe fut limitée, mais le pays fournit des navires pour la protection des routes maritimes dans l'océan Indien et la Méditerranée. Le Japon sortit du conflit agrandi territorialement et renforcé comme puissance asiatique.

Les alliés de 1915 : Italie et autres nations

En 1915, plusieurs pays rejoignirent la coalition alliée après de longues négociations diplomatiques, attirés par des promesses territoriales.

L'Italie : trahison de la Triplice

Membre de la Triple Alliance depuis 1882, l'Italie avait refusé de rejoindre l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie en 1914, arguant du caractère défensif du traité. Après de longues négociations avec les deux camps, elle signa le traité de Londres en avril 1915 avec les Alliés, qui lui promettaient d'importants territoires au détriment de l'Autriche-Hongrie (Trentin, Istrie, Dalmatie) et de l'Empire ottoman.

L'Italie entra en guerre contre l'Autriche-Hongrie le 24 mai 1915. Les combats se concentrèrent sur la frontière alpine, notamment sur la rivière Isonzo, où douze batailles successives furent livrées entre 1915 et 1917. La défaite désastreuse de Caporetto en octobre 1917 faillit mettre l'Italie hors de la guerre, mais le front fut stabilisé avec l'aide franco-britannique.

Le Monténégro et d'autres petits États

Le Monténégro, allié traditionnel de la Serbie, entra en guerre aux côtés des Alliés en août 1914. Plusieurs autres petits États balkaniques et africains rejoignirent également la coalition au fil du conflit, attirés par des promesses d'indépendance ou de compensations territoriales.

Les alliés de 1916 et 1917 : l'élargissement mondial du conflit

Les années 1916 et 1917 marquèrent l'extension du conflit à de nouveaux continents, transformant la guerre européenne en conflit véritablement mondial.

Le Portugal et la Roumanie en 1916

Le Portugal rejoignit officiellement les Alliés en mars 1916, en lien avec son alliance séculaire avec le Royaume-Uni, la plus ancienne du monde encore en vigueur. Des troupes portugaises furent envoyées en France et en Afrique. La Roumanie entra également en guerre en août 1916, attirée par des promesses de gain territorial en Transylvanie, aux dépens de l'Autriche-Hongrie, mais subit de lourdes défaites face aux armées allemandes et bulgares.

Les États-Unis : la décision qui changea le cours de la guerre

L'entrée en guerre des États-Unis le 6 avril 1917 constitua un tournant décisif. Longtemps restés neutres sous la présidence de Woodrow Wilson, les Américains furent poussés à intervenir par deux facteurs principaux : la reprise de la guerre sous-marine à outrance par l'Allemagne, qui menaçait les navires américains, et la révélation du « télégramme Zimmermann », dans lequel l'Allemagne proposait une alliance au Mexique contre les États-Unis.

L'arrivée progressive de plus d'un million de soldats américains (les « Sammies ») sur le front occidental en 1917-1918 apporta un renfort humain et matériel considérable à des armées françaises et britanniques épuisées. La supériorité économique et industrielle des États-Unis pesait en outre d'un poids déterminant dans la balance des forces.

La Grèce, la Chine et les États sud-américains

La Grèce rejoignit les Alliés en juin 1917, après une crise politique intérieure entre le roi germanophile Constantin Ier et le Premier ministre Elefthérios Venizélos. La Chine déclara la guerre à l'Allemagne en août 1917, principalement pour s'assurer une place à la table des négociations de paix. Plusieurs États d'Amérique latine, dont le Brésil, entrèrent également en guerre aux côtés des Alliés en 1917, surtout en réaction aux attaques sous-marines allemandes contre leurs navires marchands.

Le bilan de la coalition alliée

La victoire des Alliés en novembre 1918 fut le résultat d'une combinaison de facteurs militaires, économiques et diplomatiques. La supériorité navale britannique, la résistance française, l'apport américain et l'épuisement progressif des Empires centraux jouèrent chacun un rôle décisif. Les traités de paix signés en 1919-1920 (dont le traité de Versailles) redessinèrent la carte de l'Europe et du monde, avec des conséquences qui allaient se faire sentir pendant des décennies.

La coalition alliée de 1914-1918 regroupait en tout plus d'une vingtaine de nations, représentant une large majorité de la population mondiale de l'époque. Son succès illustra la capacité de pays aux intérêts divergents à surmonter leurs différences face à une menace commune, mais les traités de paix qui s'ensuivirent portèrent en germe les tensions qui allaient mener à la Seconde Guerre mondiale.

Les traités de paix et leurs conséquences

Le traité de Versailles (28 juin 1919) imposa à l'Allemagne des conditions particulièrement sévères : paiement de réparations de guerre, cession de territoires, réduction drastique de son armée et reconnaissance de sa « culpabilité » dans le déclenchement du conflit. Ces conditions humiliantes alimentèrent le ressentiment allemand et contribuèrent à la montée du national-socialisme dans les années 1930, préparant le terrain de la Seconde Guerre mondiale.

Questions fréquentes

Qui étaient les principaux alliés de la Première Guerre mondiale ?

Les principaux alliés étaient la France, le Royaume-Uni et la Russie (Triple Entente), rejoints par la Belgique et la Serbie dès 1914, puis l'Italie en 1915, la Roumanie et le Portugal en 1916, et enfin les États-Unis et la Grèce en 1917. Au total, plus d'une vingtaine de nations combattirent du côté allié.

Qu'est-ce que la Triple Entente ?

La Triple Entente désigne l'alliance diplomatique entre la France, le Royaume-Uni et la Russie, formalisée entre 1894 et 1907. Elle s'opposait à la Triple Alliance (Triplice) regroupant l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et l'Italie. C'est ce système d'alliances qui transforma l'attentat de Sarajevo en conflit mondial généralisé.

Pourquoi l'Italie a-t-elle changé de camp en 1915 ?

Membre de la Triple Alliance depuis 1882, l'Italie refusa en 1914 de soutenir l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie, estimant que le traité avait un caractère défensif. En 1915, elle rejoignit les Alliés en échange de promesses territoriales importantes (Trentin, Istrie, côte dalmate), formalisées dans le traité de Londres d'avril 1915.

Quand et pourquoi les États-Unis sont-ils entrés en guerre ?

Les États-Unis entrèrent en guerre le 6 avril 1917, après la reprise de la guerre sous-marine allemande, qui menaçait les navires américains, et la révélation du télégramme Zimmermann proposant une alliance germano-mexicaine contre les États-Unis. L'arrivée de plus d'un million de soldats américains contribua de façon décisive à la victoire alliée en 1918.

Quels pays formaient les Empires centraux face aux Alliés ?

Les Empires centraux regroupaient l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie, l'Empire ottoman (entré en guerre en novembre 1914) et la Bulgarie (à partir de 1915). Malgré de nombreux succès militaires initiaux, ils ne purent résister à la pression combinée des Alliés et capitulèrent à l'automne 1918.

La Russie a-t-elle combattu jusqu'à la fin de la guerre ?

Non. La révolution bolchevique d'octobre 1917 conduisit le nouveau gouvernement soviétique à signer une paix séparée avec les Empires centraux : le traité de Brest-Litovsk (mars 1918). La Russie soviétique quitta le conflit au prix de lourdes cessions territoriales, libérant des dizaines de divisions allemandes qui furent transférées sur le front occidental, sans toutefois changer l'issue de la guerre.

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