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Les pays alliés de la Seconde Guerre mondiale : liste complète

Publié 22. mai 2026 Mis à jour 15. juin 2026

Les pays alliés de la Seconde Guerre mondiale : liste complète

Les Alliés de la Seconde Guerre mondiale désignent la coalition de nations qui s'opposa aux puissances de l'Axe, soit l'Allemagne nazie, l'Italie fasciste et le Japon impérial, entre 1939 et 1945. À leur tête, les trois grandes puissances, le Royaume-Uni, l'Union soviétique et les États-Unis, coordonnèrent leurs efforts militaires et diplomatiques pour remporter la victoire. Au total, plus de cinquante pays rejoignirent officiellement la coalition alliée avant la capitulation de l'Allemagne en mai 1945 et du Japon en septembre 1945.

Les origines de la coalition alliée

La coalition alliée ne s'est pas formée en un seul bloc dès le début du conflit. Elle s'est construite progressivement, au fil des événements, des défaites et des attaques qui ont forcé de nouveaux pays à entrer en guerre. En septembre 1939, c'est la Pologne qui est la première victime de l'agression allemande, déclenchant les déclarations de guerre de la France et du Royaume-Uni.

À cette date, la coalition alliée se limite à quelques puissances européennes et aux membres du Commonwealth britannique. La situation change radicalement en 1941, avec deux événements majeurs : l'invasion de l'URSS par l'Allemagne le 22 juin (opération Barbarossa) et l'attaque japonaise sur Pearl Harbor le 7 décembre, qui entraîne l'entrée en guerre des États-Unis.

La Déclaration des Nations Unies, signée le 1er janvier 1942 à Washington, marque la formalisation officielle de la grande alliance. Les quatre premières puissances signataires, les États-Unis, le Royaume-Uni, l'URSS et la Chine, sont bientôt rejointes par vingt-deux autres États. Cette déclaration engage chaque signataire à employer toutes ses ressources contre les puissances de l'Axe et à ne pas conclure d'armistice séparé.

Le concept des « Trois Grands » et des « Quatre Gendarmes »

Dès 1942, le président américain Franklin D. Roosevelt désigna les États-Unis, le Royaume-Uni, l'URSS et la Chine comme les « Quatre Gendarmes », chargés de maintenir la paix après la victoire. Dans la pratique diplomatique, cependant, c'est le terme « Trois Grands » qui domina les négociations : Roosevelt, Churchill et Staline se retrouvèrent aux grandes conférences de Téhéran (1943), Yalta (février 1945) et Potsdam (juillet-août 1945) pour définir la stratégie commune et organiser l'après-guerre.

Les membres fondateurs : Pologne, Royaume-Uni et France

La Pologne est la première nation à résister militairement à l'agression allemande, dès le 1er septembre 1939. Malgré une défaite rapide face aux armées allemande et soviétique, la Pologne continue le combat grâce à un gouvernement en exil installé à Londres. Les soldats polonais combattirent sur tous les fronts : en France en 1940, dans la Bataille d'Angleterre, en Afrique du Nord et en Italie. La 2e Corps polonais s'illustra notamment lors de la bataille de Monte Cassino en 1944.

Le Royaume-Uni, avec son vaste empire colonial, représentait une puissance mondiale capable de mobiliser des ressources humaines et matérielles considérables. Winston Churchill, Premier ministre à partir de mai 1940, incarna la résistance britannique face aux pressions allemandes, notamment pendant le Blitz de 1940-1941. La Royal Air Force joua un rôle décisif lors de la Bataille d'Angleterre, empêchant toute invasion.

La France, après sa défaite en juin 1940 et la signature de l'armistice, se retrouva dans une situation paradoxale. Le régime de Vichy collabora avec l'occupant nazi, tandis que la France Libre du général de Gaulle, depuis Londres puis depuis Alger, continua le combat au sein de la coalition alliée. Les Forces françaises libres participèrent aux campagnes d'Afrique du Nord et à la libération de la France en 1944.

Les pays du Commonwealth britannique

Le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et l'Afrique du Sud rejoignirent très tôt la coalition alliée, en vertu de leurs liens avec le Royaume-Uni. Le Canada fournit plus d'un million de soldats et joua un rôle majeur lors du Débarquement en Normandie le 6 juin 1944, prenant en charge le secteur de Juno Beach. L'Australie et la Nouvelle-Zélande combattirent en Afrique du Nord, en Méditerranée et dans le Pacifique contre le Japon. L'Inde, alors colonie britannique, mobilisa plus de deux millions de soldats, ce qui en fit la plus grande armée de volontaires de l'histoire.

L'entrée de l'URSS dans la coalition (juin 1941)

Avant le 22 juin 1941, l'Union soviétique n'était pas un allié des démocraties occidentales : le pacte germano-soviétique de non-agression, signé en août 1939, avait même facilité l'invasion de la Pologne. L'opération Barbarossa, le plus grand assaut militaire de l'histoire, renversa brutalement la situation. Attaquée sans déclaration de guerre par plus de trois millions de soldats allemands, l'URSS n'eut d'autre choix que de rejoindre la coalition alliée.

La contribution soviétique à la victoire finale fut colossale. Le Front de l'Est absorba l'essentiel des forces allemandes : selon les estimations des historiens, environ 75 à 80 % des pertes militaires allemandes furent infligées sur ce théâtre d'opérations. Des batailles comme Stalingrad (1942-1943) et Koursk (1943) marquèrent des tournants décisifs. L'URSS paya ce rôle au prix d'une perte humaine estimée à 25 à 27 millions de personnes, civils et militaires confondus, selon les données les plus récentes des historiens russes et occidentaux.

Les programmes d'aide alliée à l'URSS

Le programme américain de prêt-bail (Lend-Lease Act), voté en mars 1941, permit de fournir à l'URSS une quantité considérable de matériel militaire et de vivres : environ 17,5 millions de tonnes de matériel entre 1941 et 1945. Ce soutien logistique, souvent sous-estimé dans l'historiographie soviétique, joua un rôle non négligeable dans la résistance soviétique, notamment lors des premiers mois critiques après Barbarossa.

Les États-Unis : de l'isolationnisme à l'entrée en guerre (décembre 1941)

Avant Pearl Harbor, les États-Unis observaient officiellement une politique de neutralité, même si le gouvernement Roosevelt soutenait déjà les Alliés par le biais du programme de prêt-bail et de diverses formes d'aide économique et diplomatique. L'attaque surprise de la flotte américaine à Pearl Harbor, à Hawaï, le 7 décembre 1941, entraîna la déclaration de guerre des États-Unis au Japon le lendemain. L'Allemagne et l'Italie déclarèrent à leur tour la guerre aux États-Unis le 11 décembre, intégrant définitivement la puissance industrielle américaine dans la coalition alliée.

L'entrée des États-Unis fut décisive à plusieurs titres. Sur le plan industriel, la capacité de production américaine permit de fournir à la coalition alliée des quantités de matériel militaire sans précédent. Sur le plan stratégique, les États-Unis apportèrent leur puissance aérienne, navale et terrestre sur tous les théâtres d'opérations : Pacifique, Afrique du Nord, Italie, Europe occidentale. Le Débarquement en Normandie du 6 juin 1944, impliquant notamment plus de 73 000 soldats américains le premier jour, représente l'apogée de cet engagement.

La Chine dans la coalition alliée

La Chine se trouvait en état de guerre contre le Japon depuis 1937, soit bien avant l'entrée en guerre officielle de la plupart des Alliés. Elle fut intégrée à la coalition alliée lors de la Déclaration des Nations Unies de 1942. Malgré des divisions internes entre nationalistes du Kuomintang et communistes de Mao Zedong, la Chine maintint un front qui mobilisa des millions de soldats japonais pendant toute la durée du conflit, soulageant ainsi d'autres théâtres d'opérations.

Les autres membres de la coalition alliée

De nombreux autres pays rejoignirent la coalition alliée au fil du conflit, pour des raisons géopolitiques variées. En Europe, la Yougoslavie et la Grèce furent envahies par l'Axe en 1941 et poursuivirent le combat grâce à des mouvements de résistance ou des gouvernements en exil. La Belgique, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Norvège et le Danemark, tous occupés par l'Allemagne, maintinrent des forces militaires actives depuis l'étranger.

En Amérique latine, la majorité des États rejoignirent officiellement la coalition alliée, en particulier après Pearl Harbor. Le Brésil fut le seul pays d'Amérique du Sud à envoyer des combattants en Europe : la Force expéditionnaire brésilienne participa à la campagne d'Italie en 1944-1945. Les États-Unis exercèrent une pression diplomatique considérable sur leurs voisins continentaux pour obtenir ces adhésions formelles.

L'Éthiopie, envahie par l'Italie en 1935-1936, retrouva son indépendance grâce aux opérations alliées en Afrique orientale en 1941. L'Égypte, territoire sous influence britannique, accueillit les bases alliées pour les campagnes d'Afrique du Nord, même si elle ne déclara officiellement la guerre à l'Axe qu'en février 1945.

Les pays qui changèrent de camp

Certains pays rejoignirent les Alliés après avoir d'abord été membres de l'Axe ou alliés de celui-ci. L'Italie constitue l'exemple le plus notable : après la chute de Mussolini en juillet 1943 et l'armistice signé en septembre 1943, l'Italie déclara la guerre à l'Allemagne et fut reconnue comme nation cobelligérante. La Roumanie et la Bulgarie suivirent un parcours similaire en 1944, lorsque l'avancée de l'Armée rouge les contraignit à changer d'alliance.

Les grandes conférences alliées : coordination et organisation de l'après-guerre

Pour coordonner leur stratégie militaire et préparer l'ordre mondial d'après-guerre, les dirigeants alliés se réunirent lors de plusieurs grandes conférences. La conférence de Casablanca (janvier 1943) vit Roosevelt et Churchill décider d'exiger la capitulation inconditionnelle de l'Axe. La conférence de Téhéran (novembre-décembre 1943) réunit pour la première fois les Trois Grands et permit de fixer la date du Débarquement en Normandie.

La conférence de Yalta (4-11 février 1945) aborda les grandes questions de l'après-guerre : division de l'Allemagne en zones d'occupation, sort de la Pologne et de l'Europe de l'Est, conditions d'entrée de l'URSS en guerre contre le Japon. Les accords de Yalta suscitèrent des controverses durables, notamment sur les concessions territoriales accordées à Staline en Europe centrale et orientale.

La conférence de Potsdam (17 juillet-2 août 1945) se tint après la capitulation allemande et confirma les grandes lignes du réorganisation de l'Europe. C'est pendant cette conférence que les États-Unis informèrent l'URSS de l'existence de la bombe atomique, qui allait être utilisée contre le Japon quelques jours plus tard.

Questions fréquentes

Quand les États-Unis ont-ils rejoint les Alliés ?

Les États-Unis entrèrent officiellement en guerre le 8 décembre 1941, au lendemain de l'attaque japonaise sur Pearl Harbor. L'Allemagne et l'Italie leur déclarèrent la guerre le 11 décembre 1941. Avant cette date, les États-Unis soutenaient déjà les Alliés par le biais du programme de prêt-bail, voté en mars 1941.

L'URSS a-t-elle toujours été alliée des démocraties occidentales ?

Non. De 1939 à juin 1941, l'URSS était liée à l'Allemagne par un pacte de non-agression. C'est l'invasion allemande du 22 juin 1941 (opération Barbarossa) qui força l'URSS à rejoindre la coalition alliée. Malgré cette alliance militaire, les tensions entre l'URSS et les démocraties occidentales persistèrent et débouchèrent sur la Guerre froide après 1945.

Combien de pays faisaient partie des Alliés ?

Plus de cinquante pays rejoignirent officiellement la coalition alliée avant la fin du conflit en 1945. La Déclaration des Nations Unies du 1er janvier 1942 fut d'abord signée par 26 pays ; d'autres nations la rejoignirent progressivement. Ce nombre élevé reflète à la fois la mobilisation internationale contre l'Axe et les pressions diplomatiques exercées notamment par les États-Unis.

Quel pays allié a subi le plus de pertes humaines ?

L'Union soviétique fut de loin le pays allié le plus touché, avec des pertes estimées entre 25 et 27 millions de personnes, civils et militaires compris, selon les données des historiens. La Chine subit également des pertes considérables, estimées à 10-20 millions de morts. Ces chiffres contrastent avec les pertes américaines (environ 400 000 morts) et britanniques (environ 450 000 morts).

La France était-elle vraiment un pays allié ?

La réponse est nuancée. Le régime de Vichy, légalement reconnu par de nombreux pays, collabora avec l'Allemagne nazie. En parallèle, la France Libre du général de Gaulle combattit au sein de la coalition alliée depuis 1940. En 1944, la France fut reconnue comme l'une des grandes puissances alliées et obtint une zone d'occupation en Allemagne, ainsi qu'un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations Unies.

Qu'est-ce que la Déclaration des Nations Unies de 1942 ?

Signée le 1er janvier 1942 à Washington par 26 pays, dont les États-Unis, le Royaume-Uni, l'URSS et la Chine, cette déclaration engagea ses signataires à employer toutes leurs ressources militaires et économiques contre les puissances de l'Axe et à ne pas signer d'armistice séparé. Elle constitue l'acte de naissance formel de la grande coalition alliée et préfigura la création de l'Organisation des Nations Unies en 1945.

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