Capitale du Kazakhstan : Astana, histoire et raisons du choix
Astana est la capitale du Kazakhstan depuis le 10 décembre 1997. Située au centre-nord du pays, dans la plaine de Sibérie occidentale, cette ville a connu une transformation spectaculaire en moins de trente ans, passant d'un modeste chef-lieu de steppe à une métropole futuriste de plus d'un million d'habitants. Son choix comme capitale résulte d'une décision stratégique du président Nazarbayev, motivée par des considérations géographiques, économiques et politiques liées à l'indépendance du Kazakhstan proclamée en 1991.
Quelle ville est la capitale du Kazakhstan ?
Astana, capitale officielle depuis 1997
La capitale du Kazakhstan s'appelle Astana. Ce nom signifie simplement "capitale" en kazakh. La ville a porté plusieurs noms au fil de son histoire : fondée en 1830 sous le nom d'Aqmoly, elle devint successivement Akmolinsk, Tselinograd sous l'ère soviétique, puis Aqmola lors de l'indépendance. Elle prit le nom d'Astana en 1998, un an après y avoir accueilli les institutions gouvernementales du Kazakhstan. Entre 2019 et 2022, elle fut brièvement rebaptisée Nur-Sultan en l'honneur de l'ancien président Nursultan Nazarbayev avant de retrouver son nom actuel d'Astana.
Ne pas confondre avec Almaty
Beaucoup de personnes pensent encore qu'Almaty est la capitale du Kazakhstan, ce qui était effectivement le cas jusqu'en 1997. Almaty demeure la plus grande ville du pays, son principal pôle économique et culturel, avec une population d'environ deux millions d'habitants. Mais depuis la fin des années 1990, c'est Astana qui abrite le gouvernement, le Parlement, la présidence et le corps diplomatique. Almaty reste cependant le siège de nombreuses grandes entreprises et le principal centre financier du pays.
Histoire d'Astana : des origines à la capitale
Fondation et époque tsariste
Astana fut fondée en 1830 comme avant-poste militaire de l'Empire russe sur la steppe kazakhe, sous le nom d'Aqmoly. Sa position sur la rivière Ishim en faisait un point de contrôle stratégique sur les routes commerciales et militaires traversant l'Asie centrale. Au fil du XIXe siècle, la ville se développa modestement comme centre administratif régional. La construction du chemin de fer transsibérien dans les années 1890 et l'arrivée de colons européens lui donnèrent une nouvelle impulsion démographique.
L'ère soviétique et Tselinograd
Sous l'Union soviétique, la ville prit le nom d'Akmolinsk puis de Tselinograd, ce qui signifie "ville des terres vierges" en russe. Ce nom faisait référence à la campagne de mise en culture des terres vierges lancée par Khrouchtchev dans les années 1950, qui transforma la steppe kazakhe en immenses champs de céréales. Des centaines de milliers de colons russes et ukrainiens s'installèrent dans la région, transformant profondément sa composition ethnique. À l'indépendance du Kazakhstan en 1991, les Kazakhs ethniques n'étaient minoritaires dans leur propre pays dans plusieurs régions du nord.
L'indépendance et la décision de 1994
Après l'effondrement de l'Union soviétique en 1991, le Kazakhstan devint un État indépendant avec Almaty comme capitale. Mais dès 1994, le président Nursultan Nazarbayev fit adopter par le Parlement un décret sur le transfert de la capitale. Cette décision, annoncée à la surprise générale, répondait à plusieurs préoccupations que Nazarbayev avait identifiées comme prioritaires pour la consolidation du nouvel État kazakh.
Les raisons du choix d'Astana comme capitale
Une localisation centrale pour l'ensemble du territoire
L'une des principales raisons du choix d'Astana est sa position géographique centrale. Le Kazakhstan est le neuvième plus grand pays du monde par sa superficie, s'étendant sur 2,7 millions de kilomètres carrés. Almaty, l'ancienne capitale, se trouvait dans l'extrême sud-est du pays, à proximité des frontières chinoises et kirghizes, loin des régions septentrionales et occidentales. Astana, au contraire, occupe une position plus centrale qui facilite l'administration d'un territoire aussi vaste. Cette centralité permettait également de mieux coordonner le développement des régions éloignées.
La sécurité et l'éloignement des frontières
Pour un État nouvellement indépendant cherchant à affirmer sa souveraineté, la sécurité de la capitale représentait une préoccupation majeure. Almaty était située dans une zone sismique active et, surtout, à quelques dizaines de kilomètres des frontières chinoises et kirghizes. Dans un contexte géopolitique incertain au début des années 1990, Nazarbayev jugea prudent de placer la capitale à l'abri d'éventuelles tensions régionales. Astana, en plein coeur de la steppe, offrait une distance confortable avec toutes les frontières du pays.
Le rééquilibrage démographique Nord-Sud
Le transfert de la capitale visait également à renforcer la présence kazakhe dans les régions du nord du pays, où la population russophone était majoritaire à l'indépendance. En déplaçant les administrations, les emplois gouvernementaux et les investissements publics vers Astana, Nazarbayev espérait attirer des Kazakhs du sud vers le nord, rééquilibrant progressivement la composition ethnique de ces régions et renforçant la cohésion nationale. Les analyses démographiques des 25 dernières années montrent que cet objectif a été partiellement atteint.
L'ambition symbolique d'une nation neuve
Au-delà des considérations pratiques, le choix d'Astana répondait à une ambition symbolique : construire une capitale ex nihilo pour incarner les aspirations d'un État indépendant jeune et moderne. Almaty portait le poids de l'héritage soviétique ; Astana, sur une page presque vierge, permettait de projeter une image de rupture et de modernité. Nazarbayev confia à des architectes de renommée mondiale, dont le Japonais Kurokawa Kishô et le Britannique Norman Foster, la conception de grands projets architecturaux destinés à faire rayonner le Kazakhstan sur la scène internationale.
La transformation urbaine spectaculaire d'Astana
Les grands projets architecturaux
Financés par les revenus considérables du pétrole et du gaz kazakh, les grands chantiers d'Astana ont transformé la ville en vitrine architecturale. Norman Foster a conçu la "Tente du Khan", palais d'expositions en forme de tente translucide géante, et la Pyramide de la Paix et de la Réconciliation, structure pyramidale de 62 mètres de hauteur abritant bibliothèque et opéra. Le Boulevard Nurzhol, avenue centrale aux proportions monumentales, s'étend sur plusieurs kilomètres depuis le Palais présidentiel jusqu'à la tour Baïterek, devenu le symbole de la ville. Ces réalisations ont donné à Astana une silhouette unique, mêlant formes futuristes et références aux traditions nomades kazakhes.
Croissance démographique et économique
Astana comptait environ 270 000 habitants en 1997 au moment du transfert de la capitale. En moins de trente ans, sa population a dépassé le million d'habitants, faisant d'elle l'une des villes à la croissance la plus rapide d'Asie centrale. Cette explosion démographique a été alimentée par l'afflux de fonctionnaires, d'ingénieurs, de diplomates et de travailleurs de la construction. Des universités, des hôpitaux, des centres commerciaux et des zones industrielles ont vu le jour, transformant la dynamique économique de toute la région nord du Kazakhstan.
L'Exposition universelle de 2017
En 2017, Astana accueillit l'Exposition universelle sur le thème de l'énergie du futur, consolidant sa visibilité internationale. L'événement attira plusieurs millions de visiteurs de 115 pays et laissa un héritage durable : le site de l'exposition fut converti en quartier d'affaires et en centre de congrès internationaux, le EXPO 2017 Business Center. Cet événement illustra la stratégie de rayonnement diplomatique et économique que le Kazakhstan a systématiquement poursuivie depuis son indépendance.
Les changements de nom : Astana, Nur-Sultan, puis Astana
Rebaptisée Nur-Sultan en 2019
En mars 2019, après la démission surprise du président Nazarbayev, le Parlement kazakh vota le rebaptême de la capitale en Nur-Sultan, en hommage au dirigeant fondateur. Cette décision, controversée y compris au Kazakhstan, reflétait la volonté du successeur de Nazarbayev, Kassym-Jomart Tokaïev, de s'inscrire dans la continuité. Le changement de nom suscita des critiques, notamment de la part d'organisations de défense des droits humains qui y voyaient une personnalisation excessive du pouvoir.
Le retour au nom Astana en 2022
En septembre 2022, dans un contexte politique marqué par les importantes manifestations de janvier 2022 et un rééquilibrage du pouvoir entre Tokaïev et l'entourage de Nazarbayev, le Parlement vota le retour au nom Astana. Cette décision symbolisa la volonté de Tokaïev de prendre ses distances avec son prédécesseur. Le Kazakhstan traversait alors une période de redéfinition politique, et le changement de nom de la capitale en constituait l'un des signaux les plus visibles pour l'opinion publique internationale.
Le Kazakhstan dans le contexte géopolitique mondial
Un carrefour entre Europe et Asie
Le Kazakhstan occupe une position géostratégique unique, à la croisée des routes commerciales entre l'Europe, la Russie, la Chine et l'Asie centrale. Membre de l'Organisation de coopération de Shanghai, de l'Union économique eurasiatique et partenaire privilégié de l'Union européenne dans le cadre de son accord de partenariat renforcé, le pays mène une diplomatie dite "multi-vecteur", entretenant des relations équilibrées avec ses grands voisins. Astana accueille régulièrement des forums diplomatiques et des négociations internationales, comme les pourparlers de paix sur la Syrie dits "processus d'Astana" initiés en 2017.
Le rôle des ressources énergétiques
Le Kazakhstan dispose de l'une des plus grandes réserves prouvées de pétrole et de gaz naturel au monde, principalement situées dans les gisements de Tengiz, Kashagan et Karachaganak. Ces ressources ont financé une grande partie des investissements dans la nouvelle capitale et dans le développement économique du pays. Le gouvernement kazakhstanais cherche à diversifier son économie pour réduire sa dépendance aux hydrocarbures, avec un accent particulier sur les énergies renouvelables, le numérique et l'agroalimentaire. Astana joue un rôle central dans cette stratégie de modernisation économique.
Questions fréquentes
Quelle est la capitale du Kazakhstan aujourd'hui ?
La capitale actuelle du Kazakhstan est Astana. Elle a remplacé Almaty dans ce rôle en décembre 1997. Astana abrite la présidence de la République, le gouvernement, le Parlement (Mazhilis et Sénat) et la quasi-totalité des ambassades étrangères accréditées au Kazakhstan. Elle est située dans la région d'Akmola, au centre-nord du pays, sur les rives de la rivière Ishim.
Pourquoi la capitale a-t-elle été déplacée d'Almaty à Astana ?
Le transfert de capitale d'Almaty à Astana en 1997 répondait à plusieurs objectifs : repositionner la capitale au centre géographique du territoire, l'éloigner des zones sismiques et des frontières, rééquilibrer la démographie du nord du pays et symboliser la modernité de l'État kazakh indépendant. La décision fut prise par le président Nursultan Nazarbayev, qui investit massivement les revenus pétroliers dans le développement de la nouvelle capitale.
Astana s'est-elle bien appelée Nur-Sultan ?
Oui. Entre mars 2019 et septembre 2022, la capitale du Kazakhstan s'est appelée Nur-Sultan, en l'honneur de l'ancien président Nursultan Nazarbayev. Ce nom fut abandonné en 2022 dans le cadre d'une recomposition politique interne. La ville est depuis lors revenue à son nom d'Astana, qui signifie "capitale" en kazakh. Avant cela, elle s'était également appelée Aqmola, Tselinograd et Akmolinsk.
Combien d'habitants compte Astana ?
Astana compte aujourd'hui plus d'un million d'habitants, selon les données des derniers recensements. En 1997, au moment du transfert de capitale, la ville ne comptait qu'environ 270 000 habitants. Cette croissance exceptionnelle, parmi les plus rapides d'Asie centrale, s'explique par les investissements publics massifs, la création d'emplois gouvernementaux et l'attraction exercée sur les populations jeunes du reste du Kazakhstan.
Quel est le climat à Astana ?
Astana est connue pour son climat continental extrême, l'un des plus rudes parmi les capitales mondiales. Les hivers y sont longs et très froids, avec des températures pouvant descendre à -40°C, tandis que les étés sont chauds et secs, dépassant parfois 35°C. La ville est régulièrement balayée par des vents violents soufflant depuis la steppe. Ce climat rigoureux n'a pas empêché le développement de la ville, mais il a imposé des contraintes architecturales particulières, notamment le recours à des espaces couverts et climatisés pour les déplacements en hiver.
Almaty est-elle encore importante malgré la perte du statut de capitale ?
Absolument. Almaty demeure la plus grande ville du Kazakhstan et son principal centre économique, financier et culturel. La Bourse du Kazakhstan, les sièges des grandes banques et des multinationales étrangères, les universités les plus réputées du pays et les principales institutions culturelles y sont encore concentrés. Almaty bénéficie d'une situation géographique avantageuse pour les échanges avec l'Asie centrale et la Chine. Sa population dépasse deux millions d'habitants, contre un million pour Astana.
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