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Dhaka et le textile au Bangladesh : la capitale mondiale du prêt-à-porter

Publié 19. mai 2025 Mis à jour 15. juin 2026

Quelle ville du Bangladesh est clé pour le commerce textile ?

Le Bangladesh est le deuxième exportateur mondial de vêtements, derrière la Chine. Cette industrie, qui représente environ 86 % des recettes d'exportation du pays, est organisée autour d'une géographie industrielle précise. Si plusieurs villes jouent un rôle dans la filière, Dhaka et son agglomération constituent le cœur battant du commerce textile bangladais, tandis que Chittagong (officiellement Chattogram) en est la porte d'exportation vers le monde entier.

Dhaka : le centre névralgique incontournable

Dhaka, capitale et plus grande ville du Bangladesh, concentre à elle seule plus de 52 % de la capacité de production nationale du secteur textile et de la confection. La ville et ses environs immédiats abritent la grande majorité des quelque 4 500 usines de confection (RMG, Ready-Made Garments) que compte le pays, employant au total environ 4,4 millions de travailleurs, dont une majorité de femmes.

Cette primauté s'explique par plusieurs facteurs historiques et structurels. Dhaka offre une main-d'œuvre abondante et qualifiée, une concentration unique de fournisseurs de matières premières, de sous-traitants, d'agents d'achat internationaux et d'institutions financières spécialisées. Les sièges sociaux des plus grands groupes textiles du pays, ainsi que les bureaux locaux des grandes enseignes mondiales (H&M, Zara, Gap, Walmart, etc.), sont quasi systématiquement implantés dans la capitale.

Le quartier de Tejgaon et les zones industrielles de Mirpur ou d'Ashulia constituent, à l'intérieur même de Dhaka, des pôles majeurs de production. La proximité des institutions bancaires réduit les délais de financement des commandes, un atout crucial dans un secteur où la trésorerie est tendue en permanence.

Gazipur et Narayanganj : les satellites industriels de la capitale

L'agglomération de Dhaka dépasse largement les limites administratives de la ville. Deux villes satellites jouent un rôle de premier plan dans l'industrie textile nationale.

Gazipur, le plus grand district de confection du pays

Situé au nord de Dhaka, Gazipur est le district le plus dense en usines de confection du Bangladesh, avec plus de 1 900 établissements recensés. Les étendues disponibles, plus grandes qu'en centre-ville, permettent d'y installer des usines intégrées verticalement, des teintureries industrielles et des unités de production de maille épaisse et de pulls. Gazipur abrite par ailleurs une concentration remarquable d'usines certifiées LEED (Leadership in Energy and Environmental Design), symbole de la montée en gamme environnementale du secteur.

Narayanganj, la « Dundee du Bangladesh »

À une vingtaine de kilomètres au sud-est de Dhaka, Narayanganj est surnommée la « Dundee du Bangladesh », en référence à l'ancienne capitale mondiale du jute écossaise. Cette ville portuaire intérieure, établie sur les rives de la rivière Shitalakshya, s'est spécialisée dans la bonneterie et les articles de maille (knitwear). Son expertise historique dans le traitement des fibres en fait un maillon essentiel de la chaîne de valeur textile, notamment pour le tricot et la teinture.

Chittagong : la porte d'exportation mondiale

Si Dhaka produit, Chittagong (Chattogram), deuxième ville du Bangladesh, exporte. Le port de Chittagong traite plus de 90 % du commerce extérieur du pays et achemine vers les marchés européens, américains et asiatiques l'essentiel des conteneurs de vêtements confectionnés dans l'agglomération dhakaïenne.

La part de Chittagong dans la capacité de production nationale représente environ 17 %, mais sa fonction logistique est disproportionnée par rapport à ce chiffre. La proximité du port réduit à moins de deux heures le délai entre la sortie de chaîne d'une usine et l'embarquement en container. Cette situation attire des groupes textiles internationaux majeurs : le conglomérat sud-coréen Youngone, par exemple, y gère une zone d'exportation dédiée, la Korean Export Processing Zone (KEPZ).

Chittagong souffre néanmoins d'une congestion portuaire chronique qui allonge les délais de livraison de 30 à 40 % par rapport à des concurrents comme le Vietnam. La modernisation et la numérisation du port figurent parmi les priorités stratégiques du gouvernement bangladais pour renforcer la compétitivité du secteur à l'horizon 2030.

L'industrie en chiffres en 2026

En 2026, le marché de la fabrication textile bangladaise est évalué à environ 41,76 milliards de dollars, et les exportations de textiles et vêtements devraient dépasser les 44 milliards de dollars sur l'exercice fiscal 2025-2026, selon les objectifs gouvernementaux. L'ensemble de la filière — filature, tissage, bonneterie, teinture, confection — représente plus de 86 % des exportations totales du pays, faisant du Bangladesh une économie structurellement dépendante du textile.

Les principaux clients sont l'Union européenne (Allemagne, Royaume-Uni, France, Pays-Bas en tête) et les États-Unis, qui absorbent ensemble la grande majorité des volumes exportés. Les grandes enseignes mondiales de la mode rapide s'approvisionnent massivement au Bangladesh en raison de coûts de main-d'œuvre parmi les plus bas du monde, même si des hausses salariales successives depuis le mouvement social de 2023 ont légèrement rééquilibré la donne.

La filière emploie directement environ 4,4 millions de personnes et fait vivre indirectement des dizaines de millions de Bangladais via les secteurs connexes (transport, commerce, finance). Elle demeure le principal moteur d'inclusion économique des femmes rurales dans un contexte de développement accéléré.

Défis et perspectives

L'industrie bangladaise est confrontée à plusieurs enjeux structurels en 2026. La montée en puissance de la concurrence régionale (Vietnam, Éthiopie, Myanmar) pousse les acteurs locaux à se positionner sur des segments plus techniques et mieux rémunérés : textile fonctionnel, articles de sport, vêtements techniques. Le premier salon BTKG Expo, prévu en 2026, vise à attirer investisseurs et acheteurs internationaux pour accélérer cette transformation.

La question environnementale est également centrale : le traitement des eaux usées des teintureries — notamment à Narayanganj et Gazipur — fait l'objet de pressions croissantes de la part des donneurs d'ordres européens et des ONG. La multiplication des usines certifiées LEED signale une évolution, mais les experts estiment que les progrès restent insuffisants à l'échelle de l'ensemble de la filière.

Questions fréquentes

Quelle est la ville la plus importante pour le textile au Bangladesh ?

Dhaka est la ville centrale de l'industrie textile bangladaise. Elle concentre plus de 52 % de la capacité nationale de production et abrite la majorité des usines de confection, des sièges sociaux et des agents commerciaux internationaux. Son agglomération, incluant Gazipur et Narayanganj, forme le premier pôle mondial de production de vêtements après les zones industrielles chinoises.

Quel rôle joue Chittagong dans le textile bangladais ?

Chittagong (Chattogram) est le principal port d'exportation du Bangladesh. Il traite plus de 90 % du commerce extérieur du pays. Si sa part dans la production nationale est moindre (environ 17 %), sa fonction logistique est indispensable : la quasi-totalité des conteneurs de vêtements quittent le Bangladesh via ses quais.

Combien de personnes travaillent dans le textile au Bangladesh ?

Environ 4,4 millions de personnes travaillent directement dans les usines de textile et de confection bangladaises, dont une large majorité de femmes. L'emploi indirect lié à la filière (transport, sous-traitance, commerce) fait vivre des dizaines de millions de personnes supplémentaires.

Le Bangladesh est-il vraiment le deuxième exportateur mondial de vêtements ?

Oui. Le Bangladesh est le deuxième exportateur mondial de vêtements, derrière la Chine. En 2026, les exportations textiles et vestimentaires bangladaises dépassent les 44 milliards de dollars, représentant plus de 86 % des recettes totales d'exportation du pays.

Pourquoi l'industrie textile s'est-elle concentrée autour de Dhaka ?

La concentration autour de Dhaka résulte d'un processus historique entamé dans les années 1980, favorisé par la disponibilité de main-d'œuvre à faible coût, la présence d'institutions financières, la densité des réseaux de sous-traitance et la proximité relative de Chittagong via le corridor routier et ferroviaire national. Les zones franches d'exportation (EPZ) créées par le gouvernement dans la périphérie de Dhaka ont également joué un rôle déterminant.

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