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Histoire du Cameroun : des origines à nos jours

Publié 30. novembre 2024 Mis à jour 15. juin 2026

Quelle est l'histoire concise du Cameroun en résumé ?

Le Cameroun, souvent surnommé « l'Afrique en miniature » en raison de la diversité de ses paysages, de ses ethnies et de ses cultures, possède une histoire longue et complexe. Des premiers peuples de la forêt équatoriale aux royaumes précoloniaux, en passant par la colonisation allemande puis franco-britannique, jusqu'à l'indépendance et aux turbulences politiques contemporaines, ce pays d'Afrique centrale a traversé des mutations profondes qui ont façonné son identité nationale.

Les peuples originels et l'Afrique précoloniale

Les traces d'occupation humaine au Cameroun remontent à environ 30 000 ans. Les premiers habitants étaient des populations de chasseurs-cueilleurs, ancêtres des actuels Baka et Aka, couramment appelés Pygmées, qui peuplent encore aujourd'hui les forêts du Sud et de l'Est. Le Sud-Ouest du Cameroun actuel est par ailleurs considéré comme l'un des berceaux des migrations bantoues : c'est depuis cette zone, aux alentours du Ier millénaire avant notre ère, que des groupes parlant des langues bantoues ont essaimé vers l'ensemble de l'Afrique subsaharienne.

Au fil des siècles, des royaumes puissants se constituent sur le territoire. Dans le Nord, l'empire du Kanem-Bornou étend son influence depuis le bassin du lac Tchad. Le royaume mandara domine les monts Mandara. Plus au centre et à l'ouest, le royaume Bamoun, fondé vers le XIVe siècle, et les chefferies bamilékées des hauts plateaux développent des organisations politiques et économiques élaborées. Au XIXe siècle, le djihad du chef peul Ousman dan Fodio bouleverse le Nord du pays : les sultanats à prédominance peule (Ngaoundéré, Rey Bouba, Maroua) s'imposent et intègrent de nombreuses populations dans leur orbite islamique.

L'arrivée des Européens et la colonisation allemande

Les premiers contacts avec les Européens remontent au XVe siècle, lorsque les navigateurs portugais atteignent l'estuaire du Wouri vers 1472. Frappés par l'abondance de crevettes dans le fleuve, ils le nomment Rio dos Camarões — « rivière des crevettes » — donnant ainsi naissance au nom même du pays. Pendant plusieurs siècles, les échanges commerciaux s'intensifient : ivoire, caoutchouc et esclaves sont troqués contre des produits manufacturés européens.

La colonisation formelle commence en juillet 1884, lorsque l'explorateur allemand Gustav Nachtigal signe des traités de protectorat avec des chefs locaux de la côte, plaçant le territoire sous autorité allemande sous le nom de Kamerun. La pénétration militaire allemande vers l'intérieur est souvent violente. Les colonisateurs développent des plantations, construisent routes et voies ferrées, et réorganisent les structures économiques locales à leur profit. Cette période laisse des traces durables : le Cameroun hérite d'une infrastructure relative et d'un modèle d'exploitation agricole d'exportation.

La Première Guerre mondiale et le partage franco-britannique

En août 1914, dès l'entrée en guerre, les troupes franco-britanniques envahissent le Kamerun. La résistance allemande cède en février 1916. Le 4 mars 1916, à Londres, les généraux alliés s'accordent sur un partage du territoire : la France obtient environ quatre cinquièmes de la colonie (la partie orientale et méridionale) tandis que la Grande-Bretagne administre le cinquième restant, le long de la frontière nigériane. Ce découpage, entériné par des mandats de la Société des Nations en 1922 puis par des tutelles de l'ONU après 1945, instaure une frontière linguistique et administrative qui pèsera lourdement sur l'avenir du pays.

Les mouvements nationalistes et la lutte pour l'indépendance

Après la Seconde Guerre mondiale, les revendications nationalistes s'organisent. Le 10 avril 1948, l'Union des Populations du Cameroun (UPC) est fondée, avec à sa tête Ruben Um Nyobè. Ce mouvement réclame la réunification des deux Cameroun et l'indépendance immédiate. Jugée trop radicale par l'administration française, l'UPC est dissoute en juillet 1955 après de violents affrontements. Um Nyobè prend le maquis ; il sera abattu par les forces françaises en septembre 1958. La répression de la rébellion upéciste, en particulier dans le Bassa et le Mungo, fait des milliers de victimes civiles et marque durablement la mémoire nationale.

Pendant ce temps, la France accorde progressivement plus d'autonomie : en 1956, une Assemblée Législative du Cameroun (ALCAM) est créée. Ahmadou Ahidjo, leader nordiste modéré, s'impose comme figure politique centrale. Le 1er janvier 1960, la République du Cameroun (ancienne partie française) accède à l'indépendance, avec Ahidjo comme Premier ministre puis comme président.

La réunification et la construction de l'État (1961–1982)

Un référendum organisé en février 1961 dans le Cameroun britannique scinde ce territoire en deux : la partie septentrionale vote pour l'intégration au Nigeria, tandis que la partie méridionale choisit la réunification avec la République du Cameroun. Le 1er octobre 1961, la République Fédérale du Cameroun est proclamée, associant les deux entités dans un cadre fédéral.

Ahidjo dirige le pays d'une main de fer, instaurant un régime à parti unique (l'Union Nationale Camerounaise) et centralisant progressivement le pouvoir. Le 20 mai 1972, un référendum abolit le fédéralisme au profit d'un État unitaire, rebaptisé République Unie du Cameroun, puis simplement République du Cameroun en 1984. Cette date du 20 mai devient la fête nationale. Malgré l'autoritarisme, la période Ahidjo est celle d'une relative stabilité économique, grâce notamment aux revenus pétroliers naissants et à une agriculture d'exportation structurée.

L'ère Paul Biya : continuité et crises (depuis 1982)

En novembre 1982, Ahidjo démissionne et cède le pouvoir à son Premier ministre, Paul Biya. Une tentative de coup d'État en avril 1984, menée par des éléments de la Garde républicaine loyaux à Ahidjo, est réprimée dans le sang. Biya consolide ensuite son autorité, rebaptise son parti le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) et maintient le pays sous un régime de parti dominant.

La chute des cours du pétrole et du cacao dans les années 1980 plonge le Cameroun dans une grave crise économique. Les plans d'ajustement structurel du FMI entraînent des coupes salariales drastiques et un appauvrissement massif. La démocratisation formelle s'amorce en 1990 sous la pression de la rue : le multipartisme est légalisé, mais les élections restent entachées d'irrégularités.

Sur le plan territorial, le Cameroun remporte devant la Cour internationale de justice, en 2002, le différend l'opposant au Nigeria sur la presqu'île de Bakassi, riche en hydrocarbures, dont le transfert effectif intervient en 2008.

La crise anglophone et les défis actuels

À partir de 2016, des manifestations pacifiques éclatent dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, dénonçant la marginalisation de ces territoires au profit du Cameroun francophone. La répression brutale des protestations entraîne une radicalisation : des groupes séparatistes proclament en 2017 la « République d'Ambazonie ». Le conflit armé qui s'ensuit a causé, selon les estimations disponibles en 2026, plus de 6 000 morts et le déplacement de plusieurs centaines de milliers de personnes.

Sur le plan électoral, Paul Biya, au pouvoir depuis plus de quarante ans, a remporté en 2025 une nouvelle élection présidentielle avec environ 53 % des voix — une majorité sensiblement réduite par rapport aux scrutins précédents, dans un contexte de contestation accrue. En 2026, des réformes constitutionnelles ont été engagées, accompagnées d'un discours officiel sur la volonté de résoudre la crise anglophone, sans que les résultats concrets soient encore mesurables.

Pays de 280 000 km² peuplé de quelque 30 millions d'habitants et fort de plus de 250 groupes ethniques, le Cameroun se trouve à un tournant : la question de la succession politique, le conflit dans les régions anglophones et les inégalités économiques persistent, tandis que le pays reste l'une des économies les plus diversifiées d'Afrique centrale.

Questions fréquentes

Pourquoi le Cameroun s'appelle-t-il ainsi ?

Le nom « Cameroun » dérive du portugais Rio dos Camarões, « rivière des crevettes », donné par les navigateurs portugais au XVe siècle à l'estuaire du Wouri en raison de la grande quantité de crevettes qu'ils y observèrent.

Quand le Cameroun est-il devenu indépendant ?

La partie sous tutelle française est devenue indépendante le 1er janvier 1960. La partie anglophone méridionale a rejoint le nouvel État le 1er octobre 1961 après un référendum, donnant naissance à la République Fédérale du Cameroun.

Qu'est-ce que la crise anglophone au Cameroun ?

La crise anglophone désigne le conflit armé qui oppose, depuis 2017, les forces gouvernementales camerounaises à des groupes séparatistes dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, à majorité anglophone. Elle est née de revendications contre la marginalisation de ces régions par le pouvoir central francophone.

Qui gouverne le Cameroun en 2026 ?

Paul Biya, au pouvoir depuis novembre 1982, est toujours président de la République en 2026. Il a remporté l'élection présidentielle de 2025 avec environ 53 % des suffrages exprimés.

Pourquoi le Cameroun est-il appelé « l'Afrique en miniature » ?

Cette expression reflète l'extraordinaire diversité du pays : forêts équatoriales au Sud, savanes et steppes au Nord, montagnes, côtes océaniques, plus de 250 ethnies et deux langues officielles (français et anglais). Le Cameroun concentre en un seul territoire une grande partie des environnements naturels et culturels du continent africain.

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