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Quelle est la capitale de l'Italie et pourquoi Rome ?

Publié 22. mai 2026 Mis à jour 15. juin 2026

Quelle est la capitale de l'Italie et pourquoi choisie ?

La capitale de l'Italie est Rome. Fondée selon la tradition en 753 av. J.-C., la Ville éternelle est devenue la capitale officielle du royaume d'Italie le 2 juillet 1871, après un long processus d'unification nationale appelé le Risorgimento. Ce choix n'était pas acquis d'avance : Turin et Florence ont successivement tenu ce rôle avant que Rome ne s'impose, pour des raisons à la fois symboliques, historiques et géopolitiques. Aujourd'hui, Rome est la capitale de la République italienne, siège du gouvernement, du Parlement et de la présidence de la République, avec une population de près de 2,8 millions d'habitants dans la commune.

Une unification nationale difficile : le Risorgimento

Avant 1861, la péninsule italienne était morcelée en plusieurs États indépendants : le royaume de Sardaigne, le royaume des Deux-Siciles, les États pontificaux, le duché de Modène, le duché de Parme, le grand-duché de Toscane, et plusieurs autres entités sous influence autrichienne. L'expression attribuée au chancelier Metternich résumait bien la situation : l'Italie n'était qu'une « expression géographique ».

Le Risorgimento (littéralement « résurrection » ou « renaissance ») désigne le mouvement politique et militaire qui a conduit à l'unification italienne entre 1848 et 1871. Porté par des figures comme Camillo di Cavour, Giuseppe Garibaldi et Victor-Emmanuel II, ce mouvement cherchait à créer un État-nation unifié sur la base d'une langue, d'une culture et d'une histoire communes.

Le royaume d'Italie est officiellement proclamé le 17 mars 1861. Sa première capitale est Turin, ville piémontaise et siège de la maison de Savoie qui avait dirigé le processus d'unification. Turin est alors le centre politique et industriel du nord de la péninsule.

Turin, première capitale (1861-1865)

Le choix de Turin reflétait la domination politique du Piémont dans le processus d'unification. Cependant, cette ville septentrionale posait un problème symbolique : elle était perçue comme trop périphérique pour représenter l'ensemble de la nation italienne, et trop liée à la maison de Savoie pour incarner un État vraiment national.

Florence, capitale de transition (1865-1871)

En 1865, la capitale est transférée à Florence, considérée comme un compromis géographique et culturel. La Convention de septembre 1864, signée entre la France et l'Italie, prévoyait le retrait progressif des troupes françaises de Rome en échange du maintien du pouvoir temporel du pape. Ce déplacement vers Florence signalait l'intention à terme de rejoindre Rome, sans encore y parvenir.

Pourquoi Rome a été choisie comme capitale

Le choix de Rome comme capitale définitive répondait à plusieurs impératifs politiques, symboliques et géographiques. Cavour avait déclaré : « Sans Rome capitale d'Italie, l'Italie ne peut se constituer. » Cette formule résume l'enjeu : Rome n'était pas seulement une ville, c'était le fondement d'une identité nationale.

Un symbole d'identité nationale

Rome était la capitale de l'Empire romain antique, le centre de la civilisation occidentale pendant des siècles. Choisir Rome comme capitale revenait à inscrire la nouvelle nation italienne dans une continuité historique millénaire. Elle représentait l'unité, la grandeur et l'universalité que les fondateurs du royaume voulaient incarner.

Une position géographique centrale

Sur le plan pratique, Rome se situe au centre de la péninsule italienne, ce qui en faisait un choix plus équilibré que Turin au nord ou Naples au sud. Cette centralité géographique avait une valeur symbolique forte : la capitale ne devait pas favoriser une région au détriment d'une autre.

La question des États pontificaux

Le principal obstacle à Rome était le pouvoir temporel de la papauté. Depuis des siècles, les papes gouvernaient les États pontificaux, dont Rome était le centre. L'Église catholique s'opposait fermement à l'annexion de Rome par le royaume d'Italie.

La présence de troupes françaises, qui protégeaient le pouvoir pontifical sous Napoléon III, rendait toute tentative d'annexion politiquement risquée. La situation ne se débloqua qu'avec la guerre franco-prussienne de 1870 : la France, défaite, rappela ses soldats de Rome.

La prise de Rome et la Brèche de Porta Pia (1870)

Le 20 septembre 1870, l'armée italienne entre dans Rome par la brèche de Porta Pia, après un bref engagement militaire. Cette date marque la fin du pouvoir temporel de la papauté et l'annexion de Rome au royaume d'Italie.

Un plébiscite organisé le 2 octobre 1870 confirme l'annexion : 133 681 voix pour, 1 507 contre. Rome est officiellement déclarée capitale du royaume d'Italie le 2 juillet 1871. Le pape Pie IX se retire au Vatican, où il se considère « prisonnier » jusqu'à la signature des Accords du Latran en 1929, qui créent l'État de la Cité du Vatican.

Les Accords du Latran : une réconciliation tardive

En 1929, sous Mussolini, les Accords du Latran règlent la « question romaine » : l'Italie reconnaît l'État de la Cité du Vatican comme État souverain, et le Vatican reconnaît la souveraineté italienne sur Rome et le reste du territoire national. Cette réconciliation met fin à soixante ans de conflit entre l'Église et l'État italien.

Rome, capitale de la République italienne (depuis 1946)

Après la Seconde Guerre mondiale, un référendum du 2 juin 1946 met fin à la monarchie et instaure la République italienne. Rome reste naturellement la capitale du nouveau régime républicain. La Constitution italienne, adoptée en 1948, ne désigne pas explicitement Rome comme capitale dans son texte, mais l'article 114 mentionne Rome comme « capitale de la République » depuis la révision constitutionnelle de 2001.

Les institutions siégent à Rome

Aujourd'hui, Rome concentre l'ensemble des institutions nationales italiennes. Le Parlement siège au Palazzo Montecitorio (Chambre des députés) et au Palazzo Madama (Sénat). Le gouvernement se réunit au Palazzo Chigi. Le président de la République réside au Quirinal. La Cour constitutionnelle occupe le Palazzo della Consulta.

Rome, ville mondiale et patrimoine de l'humanité

Avec 2,8 millions d'habitants dans la commune et plus de 4 millions dans l'aire métropolitaine, Rome est la plus grande ville d'Italie. Son centre historique est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1980. Elle accueille chaque année environ 50 millions de touristes, ce qui en fait l'une des destinations les plus visitées au monde.

Rome face aux autres grandes villes italiennes

Le choix de Rome comme capitale a parfois suscité des tensions avec Milan, capitale économique de l'Italie et ville la plus dynamique du pays sur le plan financier et industriel. Cette dualité entre une capitale politique au sud et une métropole économique au nord est une caractéristique durable de la géographie nationale italienne.

Naples, qui fut la capitale du riche royaume des Deux-Siciles jusqu'en 1861, représente une autre polarité historique. Venise, Florence et Bologne ont chacune leur rayonnement culturel et économique propre. Cette pluralité de centres explique pourquoi le choix d'une capitale unique a été si débattu lors de l'unification.

Le statut particulier de la Cité du Vatican

Rome est unique parmi les capitales mondiales : elle abrite sur son territoire un État souverain, la Cité du Vatican, siège de l'Église catholique romaine et résidence du pape. Avec une superficie de 0,44 km², le Vatican est le plus petit État du monde. Sa présence au cœur de Rome confère à la ville une dimension internationale et spirituelle particulière que n'a aucune autre capitale européenne.

Chaque année, des millions de pèlerins et de touristes affluent place Saint-Pierre pour assister aux audiences papales ou visiter la basilique et les musées du Vatican. Cette cohabitation entre l'État italien et l'État pontifical est le résultat direct de l'histoire complexe du XIXe siècle et des tensions qui ont entouré le choix de Rome comme capitale.

Rome antique et Renaissance : un héritage qui justifie le choix

Pour comprendre pourquoi Rome s'est imposée comme capitale, il faut mesurer le poids de son héritage historique. Rome a été fondée, selon la tradition, en 753 av. J.-C. par Romulus. Elle est devenue le centre de la République romaine à partir de 509 av. J.-C., puis de l'Empire romain à partir de 27 av. J.-C. sous Auguste.

À son apogée, l'Empire romain gouvernait un territoire s'étendant de la Bretagne à la Mésopotamie, de la Germanie à l'Égypte. Rome était alors la plus grande ville du monde antique, avec une population estimée à un million d'habitants. Les routes, les aqueducs, le droit romain, la langue latine : l'héritage de Rome a structuré l'ensemble de la civilisation européenne et occidentale.

La Rome de la Renaissance et du baroque

Au XVe et XVIe siècle, Rome connaît un second âge d'or sous les papes de la Renaissance. Le mécénat pontifical attire les plus grands artistes de l'époque : Michel-Ange sculpte la Pietà et peint la voûte de la Chapelle Sixtine, Raphaël décore les chambres du Vatican, Bramante conçoit les premiers plans de la basilique Saint-Pierre. La ville se couvre de palais, de fontaines et d'églises baroques qui constituent aujourd'hui son patrimoine architectural exceptionnel.

C'est précisément cet héritage cumulé, antique, médiéval, renaissant et baroque, qui rendait Rome irremplaçable aux yeux des bâtisseurs de la nation italienne. Aucune autre ville ne pouvait rivaliser avec cette densité de mémoire collective.

Rome aujourd'hui : patrimoine et tourisme

Rome est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO pour son centre historique depuis 1980. La ville compte parmi ses monuments incontournables le Colisée, le Forum romain, le Panthéon, la fontaine de Trevi, la place Navone, les catacombes et de nombreuses basiliques millénaires. Le tourisme représente un pilier de l'économie romaine, avec des dizaines de millions de visiteurs internationaux chaque année.

Questions fréquentes

Quelle est la capitale de l'Italie ?

La capitale de l'Italie est Rome. C'est la plus grande ville du pays, avec environ 2,8 millions d'habitants. Rome est le siège du gouvernement, du Parlement, de la présidence de la République et des principales institutions nationales depuis 1871.

Pourquoi Rome et pas Milan ou Turin ?

Rome a été choisie pour sa valeur symbolique et historique : ancienne capitale de l'Empire romain, elle incarnait l'unité et l'identité nationale mieux que Turin (trop piémontaise) ou Milan (trop septentrionale). Sa position géographique centrale dans la péninsule a également joué en sa faveur.

Quand Rome est-elle devenue la capitale de l'Italie ?

Rome est devenue la capitale officielle du royaume d'Italie le 2 juillet 1871, après l'entrée des troupes italiennes le 20 septembre 1870 par la brèche de Porta Pia. Auparavant, Turin (1861-1865) puis Florence (1865-1871) avaient successivement joué ce rôle.

Quel est le lien entre Rome et le Vatican ?

Le Vatican est un État indépendant enclavé dans Rome, né des Accords du Latran signés en 1929 entre l'Italie et le Saint-Siège. D'une superficie de 0,44 km², il est le plus petit État souverain du monde et le centre spirituel du catholicisme mondial.

Rome était-elle déjà une capitale avant l'unification italienne ?

Oui. Rome a été la capitale de la République romaine (509-27 av. J.-C.), puis de l'Empire romain. Elle a ensuite été le siège des États pontificaux pendant des siècles, avant de devenir la capitale du royaume puis de la République italienne en 1861/1871.

Combien d'habitants compte Rome aujourd'hui ?

Rome compte environ 2,8 millions d'habitants dans les limites de la commune, et plus de 4 millions dans l'aire métropolitaine. C'est la ville la plus peuplée d'Italie, devant Milan (1,4 million dans la commune). Rome est également une des villes les plus touristiques d'Europe.

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