CCitopendia

MV Hondius : le navire d'expédition au cœur de l'épidémie d'hantavirus 2026

Publié 10. mai 2026 Mis à jour 15. juin 2026

MV Hondius : le navire d'expédition au cœur de l'épidémie d'hantavirus 2026

Le MV Hondius est un navire d'expédition néerlandais de la compagnie Oceanwide Expeditions qui s'est retrouvé au centre d'une crise sanitaire mondiale en mai 2026, après qu'une épidémie d'hantavirus à bord a causé trois décès et 35 cas confirmés dans 14 pays. Ce petit paquebot de luxe dédié aux croisières en Antarctique est devenu malgré lui le symbole d'un risque sanitaire inédit : la propagation interhumaine du virus Andes en milieu confiné.

Qu'est-ce que le MV Hondius ?

Le MV Hondius est un navire d'expédition de classe polaire construit en 2019 par le chantier naval Brodosplit en Croatie. Il appartient à la compagnie néerlandaise Oceanwide Expeditions, spécialisée dans les croisières d'exploration dans les régions les plus reculées du monde : Antarctique, Arctique, Svalbard, et îles isolées de l'Atlantique Sud.

Caractéristiques techniques

  • Capacité : environ 170 passagers et 100 membres d'équipage
  • Longueur : 114 mètres
  • Tirant d'eau : adapté à la navigation dans les eaux polaires peu profondes
  • Classification : PC6 (Polar Class 6), permettant une navigation dans les glaces de mer de première année
  • Mise en service : 2019
  • Pavillon : néerlandais

Le nom "Hondius" rend hommage à Jodocus Hondius (1563-1612), célèbre cartographe et graveur flamand, connu pour ses représentations du monde et de l'Arctique, qui ont contribué à la connaissance géographique mondiale à l'ère des grandes explorations.

Oceanwide Expeditions : la compagnie propriétaire

Oceanwide Expeditions est une entreprise néerlandaise fondée en 1993, pionnière des croisières d'expédition en Antarctique. Elle possède une flotte de plusieurs navires spécialisés dans l'exploration polaire. Les voyages proposés combinent découverte géographique, aventure et sensibilisation à l'environnement polaire.

La compagnie propose des expéditions dans :

  • La péninsule Antarctique et les îles Shetland du Sud
  • Les îles Falkland et la Géorgie du Sud
  • L'archipel du Svalbard (Spitzberg) en Arctique norvégien
  • L'Islande et le Groenland
  • Les îles reculées de l'Atlantique Sud (Tristan da Cunha, Sainte-Hélène, Ascension)

La crise sanitaire de 2026 : chronologie de l'épidémie d'hantavirus

Le départ et les premiers jours

Le 1er avril 2026, le MV Hondius quitte Ushuaia, en Argentine, la ville la plus australe du monde. Le navire embarque pour une croisière d'expédition en Antarctique et dans les îles isolées de l'Atlantique Sud, incluant notamment des escales aux îles Falkland, en Géorgie du Sud et à Sainte-Hélène.

Les premières semaines se déroulent normalement. Les passagers participent aux activités d'expédition habituelles : débarquements en zodiac, observation de la faune sauvage (manchots, otaries, oiseaux de mer), conférences de naturalistes à bord.

Le premier décès : 11 avril 2026

Le 11 avril 2026, un passager décède à bord. Les circonstances exactes du décès et les premiers signes d'une maladie inhabituelle sont initialement traités par les médecins du bord. La progression du nombre de malades à bord commence à inquiéter l'équipe médicale.

Sainte-Hélène et le deuxième décès

Le navire fait escale à Sainte-Hélène, l'île britannique de l'Atlantique Sud, rendue célèbre par l'exil de Napoléon Bonaparte. Le 24 avril, le corps du premier passager décédé est débarqué à Sainte-Hélène. Son épouse, également malade, débarque également sur l'île, mais son état se détériore rapidement. Elle est transférée en Afrique du Sud, où elle décède dans un hôpital de Johannesburg.

Identification de l'hantavirus : 6 mai 2026

L'OMS confirme officiellement le 6 mai 2026 la présence d'hantavirus à bord, après séquençage viral. La souche identifiée est la souche Andes, une variante d'Amérique du Sud connue pour sa capacité rare de transmission interhumaine.

Cette identification est un signal d'alarme majeur : la souche Andes est normalement endémique des zones rurales d'Argentine et du Chili, transmise par le campagnol à longue queue. Qu'elle se soit retrouvée à bord d'un navire de croisière expéditionnaire, avec une possible propagation entre passagers, est sans précédent dans l'histoire médicale.

Le bilan au 8 mai 2026

À cette date, alors que le navire est encore en mer entre le Cap-Vert et les Îles Canaries :

  • 3 décès (dont un troisième à bord)
  • 35 cas confirmés d'infection dans 14 pays
  • 147 personnes encore à bord, plus un corps à rapatrier
  • 5 États américains surveillaient des passagers ayant débarqué du navire lors d'escales précédentes

L'arrivée à Tenerife

Le gouvernement espagnol autorise le 6 mai 2026 l'entrée du navire dans le port de Granadilla, à Tenerife (Îles Canaries). La priorité est d'évacuer les passagers vers leurs pays d'origine pour des prises en charge médicales appropriées et des mises en quarantaine.

Pourquoi cet épisode est-il exceptionnel ?

La transmission interhumaine de la souche Andes

La souche Andes est la seule des 38 souches d'hantavirus connues documentée comme pouvant se transmettre d'une personne à une autre. Mais même pour cette souche, une telle propagation à bord d'un navire, loin de son aire d'endémie naturelle, est sans précédent.

Les scientifiques étudient comment les passagers ont pu être exposés à l'origine. Les hypothèses incluent :

  • Une exposition à des rongeurs porteurs lors d'escales dans des zones rurales d'Amérique du Sud
  • La présence de rongeurs clandestins à bord du navire
  • Une contamination lors d'une escale précédente, avant le départ d'Ushuaia

Un risque émergent pour les croisières d'expédition

Les croisières d'expédition, qui emmènent des passagers dans des zones sauvages reculées d'Amérique du Sud, d'Arctique et d'autres régions isolées, exposent ces voyageurs à des agents pathogènes inhabituels. Cet épisode du MV Hondius va probablement conduire à une révision des protocoles sanitaires dans ce secteur.

Les croisières d'expédition en Antarctique : un marché en plein essor

Le tourisme en Antarctique a connu une croissance exponentielle ces dernières années. Selon l'IAATO (International Association of Antarctica Tour Operators) :

  • Plus de 100 000 touristes visitent l'Antarctique chaque saison (novembre à mars)
  • Le secteur représente un marché d'environ 2 milliards de dollars par an
  • La majorité des visiteurs arrivent à bord de navires d'expédition comme le MV Hondius

Ces croisières, souvent très onéreuses (entre 5 000 et 30 000 euros par passager selon la durée et la destination), attirent un public de passionnés de nature, de scientifiques amateurs et d'aventuriers aisés. L'incident du MV Hondius soulève des questions sur la sécurité sanitaire de ces voyages dans des zones très éloignées de tout système de santé.

Que faire si vous avez voyagé sur le MV Hondius ?

Si vous avez été passager ou membre d'équipage du MV Hondius lors du voyage d'avril-mai 2026, les autorités sanitaires recommandent :

  • Surveiller l'apparition de symptômes fébriles dans les 6 semaines suivant le voyage
  • En cas de fièvre, douleurs musculaires, maux de tête ou difficultés respiratoires, consulter immédiatement un médecin en signalant votre voyage
  • Contacter les autorités sanitaires de votre pays de résidence pour signaler votre présence à bord

FAQ — Questions fréquentes sur le MV Hondius

Qui possède le MV Hondius ?

Le MV Hondius est la propriété de la compagnie néerlandaise Oceanwide Expeditions, spécialisée dans les croisières d'expédition polaires depuis 1993.

Où navigue habituellement le MV Hondius ?

Le MV Hondius navigue principalement en Antarctique (novembre à mars) et en Arctique (mai à septembre), avec des escales dans les îles isolées de l'Atlantique Sud (Falklands, Géorgie du Sud, Sainte-Hélène) lors des traversées entre les deux pôles.

Comment les passagers ont-ils été contaminés par l'hantavirus ?

L'origine exacte de la contamination est encore à l'étude. La souche Andes est endémique des zones rurales d'Amérique du Sud (Argentine, Chili). Les passagers pourraient avoir été exposés à des rongeurs porteurs lors de débarquements en Patagonie avant l'embarquement, ou à bord si des rongeurs s'étaient introduits clandestinement sur le navire.

Le MV Hondius va-t-il reprendre ses voyages après cet incident ?

Le navire devra subir une décontamination complète et les autorités sanitaires néerlandaises et espagnoles devront donner leur feu vert avant toute reprise d'activité. Des protocoles sanitaires renforcés seront très probablement imposés par les autorités de régulation du secteur des croisières.

L'hantavirus peut-il se propager à partir des passagers rapatriés ?

Le risque de propagation communautaire à partir des passagers rapatriés est considéré comme faible par les autorités sanitaires. La souche Andes peut se transmettre entre humains, mais uniquement lors de contacts étroits et prolongés. Les passagers malades ont été pris en charge et isolés, et les contacts tracés.

Oceanwide Expeditions est-elle en faute ?

Il est encore trop tôt pour établir des responsabilités juridiques. L'enquête en cours déterminera comment les passagers ont pu être exposés à ce virus et si des mesures préventives auraient pu éviter la propagation à bord. L'hantavirus n'est pas un risque habituellement inclus dans les protocoles sanitaires des croisières d'expédition.

D'autres épidémies d'hantavirus ont-elles déjà touché des navires ?

Non, l'épisode du MV Hondius est le premier cas documenté d'épidémie d'hantavirus à bord d'un navire de croisière. Ce caractère inédit en fait un événement d'une importance médicale et épidémiologique considérable pour la communauté scientifique internationale.

Articles liés