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Quels animaux ont remplacé les dinosaures après leur extinction ?

Publié 6. mars 2025 Mis à jour 15. juin 2026

Quels animaux ont remplacé les dinosaures après leur extinction ?

Il y a 66 millions d'années, un astéroïde d'environ 10 kilomètres de diamètre s'écrasait dans l'actuel golfe du Mexique, déclenchant une série de bouleversements climatiques qui allaient effacer environ 76 % des espèces animales et végétales de la planète. C'est la crise dite Crétacé-Paléogène (K-Pg), l'une des cinq grandes extinctions de masse de l'histoire de la Terre. Les dinosaures non aviens, qui dominaient les écosystèmes terrestres depuis 160 millions d'années, en disparaissaient presque intégralement. Derrière eux, ils laissaient des milliers de niches écologiques vides — et une compétition féroce parmi les survivants pour les occuper.

Des survivants dans l'ombre des dinosaures

Contrairement à une idée répandue, la vie n'a pas redémarré de zéro après l'extinction. De nombreux groupes animaux ont traversé la frontière K-Pg sans disparaître : la plupart des insectes, des poissons d'eau douce, des amphibiens (grenouilles, salamandres), des tortues, des crocodiles, des lézards, des serpents et, bien sûr, des oiseaux — lesquels sont techniquement des dinosaures aviens. À ces survivants s'ajoutaient les mammifères, alors de petite taille et pour la plupart nocturnes, cantonnés à des rôles d'insectivores généralistes. Ce sont précisément ces groupes discrets qui allaient se transformer, en quelques millions d'années, en acteurs dominants de la biosphère.

Les mammifères, grands gagnants de la catastrophe

L'essor des mammifères après l'extinction des dinosaures constitue l'un des épisodes les plus spectaculaires de l'histoire évolutive. Avant la crise, ils évoluaient dans l'ombre depuis près de 160 millions d'années sans jamais dépasser la taille d'un raton laveur. La disparition des grands reptiles herbivores et carnivores a soudainement libéré un espace écologique considérable.

La réponse évolutive a été rapide. Dès le Paléocène (66 à 56 millions d'années), une première vague de diversification s'amorce : le nombre de familles de mammifères passe de 31 au début de cette période à plus de 121 à la fin de l'Éocène (environ 34 millions d'années). C'est à cette époque qu'apparaissent les premières espèces de grande taille (supérieures à 10 kg), ainsi que les ancêtres reconnaissables des rongeurs, des primates et des ongulés (ancêtres des chevaux, cerfs, baleines).

Plusieurs caractéristiques biologiques ont favorisé ce succès : l'homéothermie (capacité à maintenir une température corporelle constante), la viviparité, un cerveau plus développé, et une dentition plastique capable de s'adapter à des régimes alimentaires variés — herbivorie, carnivorie, omnivorie. La flore elle-même accompagnait cette transformation : les plantes à fleurs (angiospermes) connaissaient une explosion de diversité dès 300 000 ans après l'extinction, offrant de nouvelles ressources alimentaires.

Les oiseaux, seuls vrais héritiers des dinosaures

Les oiseaux méritent une mention à part entière. Descendants directs des théropodes à plumes, ils sont biologiquement des dinosaures — les seuls à avoir survécu à la crise K-Pg. Quatre grandes lignées ont traversé la frontière de l'extinction : les Palaeognathes (ancêtres des autruches, émeus et kiwis), les Galloanserae (canards, oies, gallinacés), ainsi que deux autres groupes qui allaient donner naissance à l'immense diversité des oiseaux modernes (Neoaves).

Au Paléocène et à l'Éocène, les oiseaux se diversifient rapidement pour occuper des niches laissées vacantes. Parmi les formes les plus remarquables figurent les oiseaux dits « terreursquels » comme Gastornis en Europe et en Amérique du Nord, ou les Phorusrhacidés (« oiseaux de terreur ») en Amérique du Sud : des prédateurs terrestres non volants pouvant dépasser deux mètres de haut, qui ont joué le rôle de grands carnivores que tenaient auparavant certains dinosaures théropodes. Ces lignées se sont maintenues pendant des dizaines de millions d'années avant d'être concurrencées par les grands mammifères carnivores.

Squamates et crocodiliens : une discrétion trompeuse

Les reptiles écailleux — lézards, serpents et amphisbènes, regroupés sous le terme de squamates — ont profité de l'extinction pour amorcer une radiation évolutive silencieuse mais remarquablement efficace. Avec plus de 6 000 espèces recensées aujourd'hui, ils forment le groupe de reptiles le plus diversifié au monde. Leur petite taille, leur métabolisme adaptable et leur capacité à coloniser des habitats variés leur ont permis de traverser la crise puis de se répandre dans presque tous les milieux terrestres.

Les serpents ont particulièrement profité de la fin du Crétacé : des études génétiques et paléontologiques montrent qu'une diversification majeure des serpents couronnes est directement associée à la disparition des dinosaures, avec notamment la colonisation de l'Asie par le grand clade Afrophidia.

Les crocodiliens, quant à eux, ont survécu grâce à leur mode de vie semi-aquatique qui les a protégés des effets les plus devastateurs de l'impact (incendies, hiver d'impact, effondrement de la chaîne alimentaire terrestre). Certaines lignées, comme les Sébécosuchiens d'Amérique du Sud — des crocodiliens terrestres aux membres dressés et aux dents tranchantes — se sont diversifiées après la disparition des dinosaures pour occuper des rôles de prédateurs de haute taille sur ce continent isolé.

Une reconquête écologique par vagues successives

La succession des écosystèmes après l'extinction K-Pg ne s'est pas faite en une seule étape. Les paléontologues distinguent plusieurs phases :

  • Le Paléocène (66–56 Ma) : phase de récupération. Les écosystèmes sont encore instables, dominés par des formes primitives de mammifères (condylarths, pantodontes) et d'oiseaux. La taille des animaux reste modeste.
  • L'Éocène (56–34 Ma) : explosion de diversité. Les premiers grands mammifères apparaissent. Les primates se répandent en Europe, Asie et Amérique du Nord. Les cétacés font leur retour dans l'océan depuis des ancêtres terrestres ongulés.
  • L'Oligocène et le Miocène (34–5 Ma) : consolidation des grands groupes modernes. Les félins, les éléphants, les rhinocéros, les équidés, les baleines à fanons prennent leurs formes définitives. Les prairies remplacent progressivement les forêts, transformant à nouveau les pressions sélectives.

Chaque grande niche autrefois occupée par un dinosaure a fini par être comblée, souvent par des animaux très différents. Les herbivores de grande taille comme les sauropodes ont été remplacés par les ongulés et les proboscidiens. Les grands prédateurs terrestres ont été pris en charge par les mammifères carnivores (ursidés, félidés, canidés) et, temporairement, par certains oiseaux non volants. Les niches aquatiques sont revenues aux mammifères marins — cétacés et pinnipèdes — et aux poissons.

Questions fréquentes

Les oiseaux sont-ils vraiment des dinosaures ?

Oui, au sens cladistique du terme, les oiseaux sont des dinosaures aviens, descendants directs des théropodes à plumes. Ils sont les seuls représentants vivants du groupe des dinosaures, qui n'a donc pas entièrement disparu il y a 66 millions d'années.

Combien de temps a-t-il fallu aux mammifères pour dominer la planète après l'extinction des dinosaures ?

La diversification initiale a été rapide : en moins de 10 millions d'années (entre 66 et 56 millions d'années), le nombre de familles de mammifères avait quadruplé. Les grands mammifères proches des formes actuelles sont apparus à l'Éocène, soit environ 10 à 20 millions d'années après la crise.

Y a-t-il eu des animaux qui ont temporairement remplacé les dinosaures sans être des mammifères ?

Oui. En Amérique du Sud, les Phorusrhacidés — de grands oiseaux terrestres non volants — ont joué le rôle de prédateurs apex pendant des dizaines de millions d'années. Les crocodiliens terrestres (Sébécosuchiens) ont également occupé des niches de prédateurs terrestres sur ce continent avant l'arrivée des grands mammifères carnivores.

Les insectes ont-ils aussi profité de la disparition des dinosaures ?

Les insectes ont été peu touchés par la crise K-Pg et ont poursuivi leur évolution. Leur diversification est davantage liée à celle des plantes à fleurs (angiospermes) qu'à la disparition des dinosaures directement. Ils constituent depuis des centaines de millions d'années le groupe animal le plus diversifié de la planète.

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