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Oiseaux coureurs (ratites) : caractéristiques et espèces

Publié 28. juin 2025 Mis à jour 15. juin 2026

Quelles sont les caractéristiques des oiseaux coureurs ?

Les oiseaux coureurs, regroupés sous le terme scientifique de ratites, forment un ensemble d'oiseaux terrestres incapables de voler, dont l'anatomie et le mode de vie sont entièrement tournés vers la course. Appartenant au super-ordre des Palaeognathae, ils comptent parmi eux les plus grands oiseaux vivants — l'autruche en tête — ainsi que des espèces aujourd'hui éteintes qui figurent parmi les plus imposantes que la Terre ait jamais portées. Leur étude croise morphologie, phylogénie et biogéographie, révélant une évolution complexe et fascinante.

Classification et phylogénie

Le nom « ratite » dérive du latin ratis, signifiant « radeau », en référence à leur sternum plat et sans bréchet — à l'image d'un radeau dépourvu de quille. Ce caractère anatomique fondamental les distingue des oiseaux volants, dont le sternum présente une crête saillante (le bréchet) servant d'ancrage aux muscles pectoraux nécessaires au vol.

Les ratites s'inscrivent dans le super-ordre des Palaeognathae, l'une des deux grandes lignées d'oiseaux actuels avec les Neognathae. Ce super-ordre comprend également les tinamous, oiseaux volants d'Amérique du Sud, ce qui rend les ratites paraphylétiques au sens strict : ils ne forment pas un clade naturel à eux seuls. Les recherches phylogénomiques récentes indiquent que l'incapacité au vol est apparue de façon indépendante au moins trois fois dans l'histoire évolutive de ce groupe, les ressemblances entre ordres relevant en partie d'une convergence évolutive.

La question de leur origine biogéographique a longtemps été débattue. L'hypothèse classique d'une dispersion par fragmentation du supercontinent Gondwana — qui aurait isolé les populations ancêtres sur différents continents — a été partiellement remise en cause. Des analyses phylogénomiques plus récentes suggèrent que les ancêtres des Palaeognathae étaient volants et originaires de l'hémisphère Nord au cours du Crétacé tardif, leur diffusion s'expliquant à la fois par la dérive des continents et par des capacités de dispersion active.

Caractéristiques anatomiques

Le sternum et les ailes

L'absence de bréchet sur le sternum est la signature anatomique la plus connue des ratites. Sans cette structure, les muscles pectoraux ne peuvent développer la puissance nécessaire au vol battu. Les ailes, présentes mais réduites, sont vestigiales : chez l'autruche, elles conservent une utilité dans l'équilibre à la course, la thermorégulation et les parades nuptiales, mais ne permettent aucune sustentation aérienne. Chez le kiwi, elles sont si atrophiées qu'elles se confondent avec le corps et restent dissimulées sous le plumage.

Le plumage

Les plumes des ratites diffèrent structurellement de celles des oiseaux volants. Elles sont dépourvues de barbules crochus qui, chez les espèces volantes, « zippent » les barbes entre elles pour former une surface aérodynamique rigide. Résultat : les plumes des ratites sont douces, lâches, presque semblables à du duvet, offrant principalement une isolation thermique plutôt qu'une fonction aérodynamique.

Les os et les pattes

Contrairement aux oiseaux volants dont les os sont creux et légers, les ratites possèdent des os plus denses, adaptés à supporter leur masse corporelle imposante et les contraintes mécaniques de la course. Leurs pattes sont longues, musclées et particulièrement puissantes. Chez l'autruche, les muscles des membres inférieurs représentent environ 20 % de la masse corporelle totale, soit près de 60 kilogrammes chez un adulte. Les doigts sont souvent réduits : l'autruche n'en possède que deux — record parmi tous les oiseaux — dont l'un est armé d'une robuste griffe.

Locomotion et performances à la course

L'adaptation à la course est le trait écologique dominant des ratites. L'autruche (Struthio camelus) est le bipède le plus rapide du monde : elle peut atteindre 90 km/h sur de courtes distances et maintenir une allure de 40 à 50 km/h pendant des dizaines de minutes. Ses enjambées dépassent 5 mètres de longueur. L'élan (émeu) d'Australie peut courir à environ 50 km/h ; le nandou d'Amérique du Sud atteint 60 km/h.

Cette aptitude à la course constitue leur principal mécanisme de défense face aux prédateurs. Elle est complétée par une vision panoramique très développée, permise par des yeux latéraux de grande taille, permettant de détecter les menaces à longue distance. En cas de danger imminent, les ratites peuvent également frapper violemment avec leurs pattes, infligeant des blessures sévères.

Le long cou joue un rôle essentiel dans l'équilibre dynamique pendant la course, agissant comme balancier et contrepoids au mouvement des pattes.

Principales espèces vivantes

  • Autruche (Struthio camelus) — Afrique subsaharienne. Jusqu'à 2,7 m de hauteur et 155 kg. Plus grand oiseau vivant.
  • Émeu (Dromaius novaehollandiae) — Australie. Jusqu'à 1,9 m et 60 kg. Deuxième plus grand oiseau vivant.
  • Nandou commun (Rhea americana) — Amérique du Sud (pampas). Jusqu'à 1,5 m et 40 kg.
  • Casoar à casque (Casuarius casuarius) — Nouvelle-Guinée et nord-est de l'Australie. Reconnaissable à son casque osseux (la « casque » ou casque) et ses couleurs vives. Considéré comme l'oiseau vivant le plus dangereux en raison de ses griffes.
  • Kiwi (Apteryx spp.) — Nouvelle-Zélande. Cinq espèces, toutes menacées. À peine 45 cm, nocturnes, doués d'un odorat exceptionnel pour un oiseau. Leurs œufs représentent jusqu'à 20 % de leur poids corporel — une proportion record.

Espèces éteintes remarquables

Les ratites éteints comptent parmi les oiseaux les plus spectaculaires de l'histoire naturelle. Le moa géant (Dinornis robustus) de Nouvelle-Zélande pouvait atteindre 3,6 m de hauteur, faisant de lui le plus grand oiseau ayant jamais existé. Il a disparu vers le XVe siècle, vraisemblablement en raison de la chasse intensive par les Maoris. L'oiseau-éléphant (Aepyornis maximus) de Madagascar, quant à lui, était le plus lourd — jusqu'à 650 kg — et pondait des œufs de 10 litres. Il s'est également éteint suite aux activités humaines, probablement entre le XVIIe et le XVIIIe siècle.

Répartition et habitat

Les ratites vivants se distribuent principalement dans l'hémisphère Sud et les zones tropicales ou subtropicales : savanes et zones arides d'Afrique pour l'autruche, steppes et plaines d'Amérique du Sud pour les nandous, forêts humides et plaines d'Australie et de Nouvelle-Guinée pour les émeus et casoars, forêts tempérées de Nouvelle-Zélande pour les kiwis. Cette répartition morcelée en régions austral est au cœur des débats sur leur évolution biogéographique.

Questions fréquentes

Pourquoi les oiseaux coureurs ne peuvent-ils pas voler ?

Les ratites sont dépourvus du bréchet, la crête sternale qui sert d'ancrage aux muscles pectoraux chez les oiseaux volants. Sans cette structure, ils ne peuvent développer la poussée nécessaire au vol battu. Par ailleurs, leurs ailes sont atrophiées et leurs os plus denses que ceux des espèces volantes, rendant le vol physiquement impossible.

Quel est le plus rapide des oiseaux coureurs ?

L'autruche (Struthio camelus) est l'oiseau le plus rapide à la course : elle peut atteindre 90 km/h sur de courtes distances et maintenir environ 40 à 50 km/h pendant une demi-heure. C'est aussi le bipède le plus véloce de tous les animaux vivants.

Les kiwis sont-ils vraiment des oiseaux coureurs ?

Les kiwis appartiennent bien à l'ordre des ratites et partagent leurs caractéristiques essentielles (sternum plat, ailes vestigiales, incapacité au vol). Cependant, ils sont nocturnes, de petite taille et se déplacent plutôt en marchant qu'en courant à grande vitesse, ce qui les distingue comportementalement des grands ratites coureurs comme l'autruche ou l'émeu.

Comment les oiseaux coureurs se défendent-ils contre les prédateurs ?

Leur première défense est la fuite grâce à leur vitesse de course. Ils disposent aussi d'une excellente vision panoramique pour détecter les menaces à distance. En cas d'attaque directe, ils peuvent frapper avec leurs pattes puissantes, dont les griffes peuvent causer des blessures graves — particulièrement chez le casoar, réputé pour sa dangerosité.

Quelle est l'origine du mot « ratite » ?

Le terme « ratite » vient du latin ratis, qui signifie « radeau ». Il fait référence à la forme plate du sternum de ces oiseaux, dépourvu de la crête en quille (le bréchet) caractéristique des oiseaux volants — un sternum comparé à un radeau plat, sans quille.

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