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Capitale du Zimbabwe : Harare, histoire et géographie

Publié 22. mai 2026 Mis à jour 15. juin 2026

Quelle est la capitale du Zimbabwe et ses raisons ?

Harare est la capitale et la plus grande ville du Zimbabwe. Fondée en 1890 par une expédition militaire britannique sur un haut plateau d'Afrique australe, elle a longtemps porté le nom de Salisbury avant d'être rebaptisée en 1982, deux ans après l'indépendance du pays. Avec une population de 1,85 million d'habitants selon le recensement de 2022, Harare est le centre politique, économique et culturel d'un pays au destin contrasté, marqué par des ressources naturelles abondantes et des décennies de crises économiques et politiques.

Situation géographique de Harare

Harare se trouve au nord-est du Zimbabwe, dans la région du Mashonaland, sur un vaste plateau à 1 483 mètres d'altitude au-dessus du niveau de la mer. Cette position en altitude lui confère un climat subtropical de hautes terres, plus tempéré que les basses plaines qui entourent le pays. La ville occupe une superficie de 982 km², ce qui en fait l'une des capitales les plus étendues d'Afrique subsaharienne.

Le Zimbabwe est enclavé, sans accès direct à la mer. Il est bordé par la Zambie au nord, par le Mozambique à l'est, par l'Afrique du Sud au sud et par le Botswana à l'ouest. Harare bénéficie de la présence du lac Chivero, un réservoir artificiel situé à une quarantaine de kilomètres à l'ouest, qui alimente la ville en eau potable et constitue également un espace de loisirs apprécié.

Climat et saisons

Le climat de Harare est caractérisé par une saison des pluies estivale (de novembre à mars) et une saison sèche fraîche (d'avril à août). Les températures sont agréables tout au long de l'année, oscillant entre 7 °C en hiver (juin-juillet) et 29 °C en été. Les précipitations annuelles avoisinent 800 millimètres, tombant principalement sous forme d'orages en soirée pendant la saison humide. Ce climat a favorisé historiquement l'agriculture et l'implantation humaine dans la région.

Histoire de Harare : de Salisbury au Zimbabwe indépendant

La région était habitée depuis des millénaires par des peuples bantophones, notamment les Shona, dont la civilisation a laissé des traces remarquables comme les ruines du Grand Zimbabwe, inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO. La fondation de la ville moderne remonte à 1890, lorsqu'une colonne militaire de la British South Africa Company, connue sous le nom de Pioneer Column, établit Fort Salisbury sur ce plateau. La ville est nommée en l'honneur de Robert Cecil, marquis de Salisbury, alors Premier ministre britannique.

Salisbury devient rapidement la capitale administrative de la Rhodésie du Sud, territoire sous domination britannique, puis de la Rhodésie (nom adopté lors de la déclaration unilatérale d'indépendance en 1965 par le gouvernement blanc de Ian Smith). Après quinze ans de guerre civile (la guerre de Bush ou guerre de libération), le Zimbabwe accède à l'indépendance le 18 avril 1980 sous la direction de Robert Mugabe.

Le renommage de Harare en 1982

Le 18 avril 1982, pour le deuxième anniversaire de l'indépendance, la ville de Salisbury est officiellement rebaptisée Harare. Le nom fait référence au chef shona Neharawa, dont le village se trouvait à proximité de Harare Kopje (une petite colline emblématique du centre-ville). Le surnom de Neharawa signifiait « celui qui ne dort pas », une évocation de la vigilance du chef. Ce renommage symbolise la rupture avec l'ère coloniale et l'affirmation de l'identité africaine du pays.

Population et démographie

Selon le recensement national de 2022, Harare compte 1 849 600 habitants dans les limites de la ville, et près de 2 487 209 personnes dans la province métropolitaine. La ville concentre une large part des classes moyennes et éduquées du Zimbabwe, ainsi que les institutions gouvernementales, les sièges des grandes entreprises et les ambassades étrangères.

Le Zimbabwe dans son ensemble comptait environ 17 millions d'habitants en 2024. Depuis le début de la crise économique au tournant des années 2000, plus de 3 millions de Zimbabwéens ont quitté le pays pour chercher de meilleures conditions de vie en Afrique du Sud, au Royaume-Uni, en Australie et dans d'autres pays anglophones. Cette diaspora importante entretient des liens étroits avec les familles restées au pays, dont elle soutient l'économie par l'envoi de devises étrangères.

Diversité ethnique et linguistique

La population de Harare est majoritairement Shona, mais la ville accueille également des Ndébélés, des Tongas et d'autres groupes ethniques du pays, ainsi qu'une communauté d'expatriés. La langue officielle est l'anglais, langue de l'administration et des affaires, aux côtés du shona et du ndébélé, les deux principales langues africaines du pays. Cette diversité se reflète dans la vie quotidienne, les marchés, la gastronomie et les pratiques culturelles de la ville.

Économie de Harare et du Zimbabwe

Harare est le principal centre économique du Zimbabwe. La ville concentre les secteurs de la finance, du commerce, de l'immobilier, de la fabrication légère et des services aux entreprises. Les secteurs minier et agricole, qui représentent une part importante de l'économie nationale, ont leurs principales interfaces commerciales à Harare.

L'économie zimbabwéenne a traversé l'une des crises les plus sévères de l'histoire économique mondiale. Au début des années 2000, les réformes agraires controversées du gouvernement Mugabe, combinées à l'isolement international, ont déclenché une spirale hyperinflationniste : l'inflation a atteint 76 000 % en 2007 et des niveaux encore plus vertigineux en 2008, conduisant l'État à abandonner sa propre monnaie en 2009. Le pays a ensuite fonctionné avec des devises étrangères (dollar américain, rand sud-africain) avant de réintroduire une monnaie locale.

La nouvelle monnaie et les perspectives de reprise

En avril 2024, le gouvernement zimbabwéen a introduit le Zimbabwe Gold (ZiG), une nouvelle monnaie adossée aux réserves d'or du pays, pour tenter de stabiliser l'économie. Selon les données de la Direction générale du Trésor français (juillet 2025), les prévisions de croissance pour 2025 s'établissent à 6 %, après 1,7 % en 2024. Malgré ces signaux positifs, l'insécurité alimentaire reste un problème majeur, aggravé par les sécheresses liées au phénomène El Niño de 2024-2025.

Culture et patrimoine à Harare

Harare possède une scène culturelle dynamique, notamment dans les domaines des arts plastiques, de la musique et des arts de la scène. La ville est reconnue pour son école de sculpture en pierre (Shona sculpture), dont les oeuvres en serpentine et en stéatite sont appréciées dans les musées et galeries du monde entier. Le National Gallery of Zimbabwe, fondé en 1957, est l'une des principales institutions culturelles du pays.

La musique zimbabwéenne, en particulier le chimurenga (musique de libération popularisée par Thomas Mapfumo) et le mbira (musique traditionnelle jouée sur un instrument à lamelles métalliques), est profondément enracinée dans l'identité nationale. Des festivals de musique et des concerts animent régulièrement la vie culturelle de Harare.

Architecture et espaces publics

Le centre-ville de Harare présente un mélange d'architecture coloniale britannique des années 1920 et 1950 et de constructions plus récentes. La Place de l'Indépendance (Africa Unity Square), anciennement Cecil Square, est le coeur symbolique de la ville. Les jardins botaniques de Harare, créés à l'époque coloniale, constituent un espace vert remarquable en pleine ville. Les marchés populaires, comme le Mbare Market, le plus grand marché traditionnel du pays, témoignent de la vitalité du commerce informel.

Harare aujourd'hui : défis et enjeux

La ville de Harare fait face à des défis importants en matière d'infrastructures. Les coupures d'électricité, parfois prolongées (jusqu'à 16 heures par jour selon certaines périodes), affectent la vie quotidienne et la productivité des entreprises. L'accès à l'eau potable est également problématique dans certains quartiers périphériques. Le système de transport en commun est insuffisant pour une agglomération de cette taille, contraignant de nombreux habitants à dépendre de minibus informels (les kombis) pour leurs déplacements quotidiens.

Sur le plan politique, depuis la démission de Robert Mugabe en novembre 2017 sous la pression de l'armée, le pays est dirigé par Emmerson Mnangagwa. Son gouvernement a affiché une politique d'ouverture aux investissements étrangers, mais la transparence institutionnelle et l'État de droit restent des préoccupations régulièrement soulevées par les organisations internationales. La situation politique instable freine encore l'afflux de capitaux étrangers susceptibles d'accélérer le redressement économique.

Tourisme à Harare et au Zimbabwe

Malgré ses difficultés économiques, le Zimbabwe dispose d'un patrimoine naturel et culturel exceptionnel qui attire des visiteurs du monde entier. Les chutes Victoria (Victoria Falls), classées au patrimoine mondial de l'UNESCO et partagées avec la Zambie, constituent l'attraction touristique la plus célèbre du pays. Le parc national de Hwange, l'un des plus grands parcs d'Afrique, abrite l'une des plus importantes populations d'éléphants du continent. Harare sert souvent de point d'entrée pour ces excursions, avec son aéroport international qui relie le Zimbabwe aux capitales africaines et aux hubs européens.

Le tourisme a été sévèrement affecté par les crises politiques et économiques des années 2000 et 2010, mais une reprise progressive est observée depuis la fin des années 2010. Les voyageurs intéressés par le Zimbabwe sont encouragés à consulter les conseils aux voyageurs de leur ministère des Affaires étrangères, notamment en ce qui concerne les conditions sanitaires, la sécurité et les démarches administratives d'entrée sur le territoire.

Questions fréquentes

Quelle est la capitale du Zimbabwe ?

La capitale du Zimbabwe est Harare. C'est la plus grande ville du pays, avec environ 1,85 million d'habitants selon le recensement de 2022. Harare est le centre politique, économique et culturel du Zimbabwe, situé au nord-est du pays sur un plateau à 1 483 mètres d'altitude.

Pourquoi Harare s'appelait-elle Salisbury ?

La ville a été fondée en 1890 par des colons britanniques et nommée Fort Salisbury en l'honneur du Premier ministre britannique de l'époque, le marquis de Salisbury. Elle a conservé ce nom jusqu'au 18 avril 1982, date à laquelle elle a été rebaptisée Harare pour le deuxième anniversaire de l'indépendance du Zimbabwe, en référence au chef shona Neharawa.

Quelle est la population du Zimbabwe en 2024 ?

Le Zimbabwe comptait environ 17 millions d'habitants en 2024. La capitale Harare en concentre près de 2,5 millions dans sa province métropolitaine. Du fait des crises économiques des deux dernières décennies, plus de 3 millions de Zimbabwéens vivent à l'étranger, constituant une diaspora importante notamment en Afrique du Sud et au Royaume-Uni.

Quelles langues parle-t-on à Harare ?

L'anglais est la langue officielle utilisée dans l'administration et les affaires à Harare. Le shona est la principale langue africaine parlée par la majorité de la population. Le ndébélé est également présent, surtout parmi les migrants venus de la région de Bulawayo. Le Zimbabwe reconnaît officiellement 16 langues nationales.

Le Zimbabwe est-il un pays dangereux pour les voyageurs ?

Le Zimbabwe est considéré comme relativement sûr pour les voyageurs en Afrique sub-saharienne, mais des précautions s'imposent. La criminalité urbaine existe à Harare, surtout dans certains quartiers. La situation économique peut entraîner des pénuries ou des dysfonctionnements. Renseignez-vous auprès des autorités compétentes (ambassade, conseils aux voyageurs du ministère des Affaires étrangères) avant de partir.

Quelles sont les principales ressources économiques du Zimbabwe ?

Le Zimbabwe dispose de ressources naturelles abondantes : or, platine, diamants, charbon, nickel et chrome. Le pays possède également un secteur agricole historiquement productif (tabac, maïs). Ces ressources constituent un potentiel de développement important, mais leur exploitation reste contrainte par l'instabilité économique et le sous-investissement structurel.

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