Le Colisée : le célèbre amphithéâtre romain de Rome
Le Colisée, officiellement appelé amphithéâtre Flavien (Amphitheatrum Flavium), est le plus grand amphithéâtre jamais construit dans l'Empire romain et l'un des monuments les plus reconnus au monde. Érigé au cœur de Rome, il incarne à lui seul la puissance architecturale, organisationnelle et culturelle de la Rome antique. En 2026, il demeure l'un des sites touristiques les plus visités d'Europe et fait l'objet de travaux de restauration d'envergure.
Origine et construction
La construction du Colisée débute entre 70 et 72 apr. J.-C., sous l'impulsion de l'empereur Vespasien, fondateur de la dynastie flavienne. L'édifice est inauguré en 80 apr. J.-C. sous le règne de son fils Titus, qui organise une série de jeux inaugux ayant duré cent jours. Des modifications et ajouts supplémentaires sont réalisés sous Domitien, troisième et dernier représentant de la dynastie flavienne.
Le site choisi est l'ancienne vallée marécageuse que Néron avait fait aménager pour son lac artificiel, au centre de son domaine privé, la Domus Aurea. En construisant l'amphithéâtre sur cet espace, les empereurs flaviens symbolisent la restitution au peuple romain d'un territoire confisqué par leur prédécesseur. Le nom populaire « Colisée » est apparu au Moyen Âge, probablement en référence à la colossale statue de Néron — le Colosse de Néron — qui se dressait à proximité.
Architecture et dimensions
Le Colisée présente un plan ovale de 188 mètres de long, 156 mètres de large et 57 mètres de hauteur. Sa superficie totale avoisine les 6 hectares. L'édifice se compose de quatre niveaux : les trois premiers sont ornés d'arcades encadrées de colonnes dans des ordres successifs — dorique, ionique, corinthien — tandis que le quatrième niveau, plein, est rythmé par des pilastres corinthiens.
La structure repose sur un système complexe de voûtes en berceau et d'arcs en plein cintre, construits principalement en travertin, en tuf volcanique et en béton romain (opus caementicium). À l'intérieur, l'arène proprement dite — dont le sol était recouvert de sable (arena en latin) — mesurait environ 83 mètres sur 48. Sous l'arène se trouvait un réseau de couloirs souterrains, le hypogée, qui abritait les cages des animaux, les mécanismes de levage et les loges des gladiateurs.
Un système de velarium, immense voile de toile tendu par des marins de la flotte impériale, protégeait les spectateurs du soleil. Quatre-vingts entrées numérotées permettaient une gestion des flux remarquablement efficace, autorisant l'évacuation complète de l'édifice en quelques minutes.
Capacité et organisation sociale
Le Colisée pouvait accueillir entre 50 000 et 80 000 spectateurs, répartis selon une hiérarchie sociale strictement respectée. Les places les plus proches de l'arène étaient réservées à l'empereur, aux sénateurs et aux vestales. Les chevaliers occupaient les gradins suivants, puis venaient les citoyens romains libres, classés selon leur rang et leur fortune. Les femmes et les esclaves étaient relégués aux niveaux supérieurs, offrant une vue plus lointaine mais représentant malgré tout une présence admise dans l'espace public.
Les spectacles : gladiateurs, animaux et naumaques
L'amphithéâtre accueillait principalement trois types de spectacles :
- Les combats de gladiateurs (munera) : affrontements entre combattants professionnels, appartenant à diverses catégories selon leur armement — rétiaire, secutor, murmillo. Ces jeux, financés par des mécènes ou par l'État, constituaient un puissant outil de popularité politique.
- Les chasses aux animaux sauvages (venationes) : des fauves venus d'Afrique, d'Asie ou du nord de l'Europe — lions, éléphants, rhinocéros, ours — étaient mis aux prises avec des chasseurs ou entre eux. Ces spectacles ont contribué à l'extinction de certaines populations animales régionales.
- Les batailles navales (naumachiae) : l'arène pouvait, lors des premières années, être inondée pour reconstituer des combats maritimes en miniature. Cette pratique semble avoir été abandonnée après l'aménagement de l'hypogée sous Domitien.
Des exécutions publiques de condamnés, parfois mises en scène de façon théâtrale, avaient également lieu dans l'enceinte. La tradition selon laquelle des chrétiens y auraient été martyrisés est historiquement contestée, même si le Colisée est aujourd'hui associé au souvenir de ces persécutions.
Déclin, réemplois et classement
Les jeux cessent progressivement à partir du Ve siècle, avec la christianisation de l'Empire et les difficultés économiques croissantes. Le dernier combat de gladiateurs répertorié date de 404 apr. J.-C., sous l'influence du moine Télémaque qui, selon les sources chrétiennes, s'y opposa au péril de sa vie. Les venationes se poursuivent jusqu'en 523 apr. J.-C.
Durant le Moyen Âge, le Colisée est progressivement transformé en carrière de pierre. Le travertin et le métal des crampons sont récupérés pour la construction d'édifices romains, dont une partie du palais de Venise et la basilique Saint-Pierre. Des familles nobles y installent leurs résidences fortifiées. Ce n'est qu'au XVIIIe siècle que les papes commencent à protéger le site, le consacrant à la mémoire des martyrs chrétiens.
Inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1980, le Colisée figure régulièrement parmi les sites archéologiques les plus visités au monde, attirant plusieurs millions de visiteurs chaque année.
Restaurations récentes (2025-2026)
Le Colisée fait l'objet d'un programme de restauration actif. En octobre 2025, le passage de Commodus — un couloir impérial secret permettant aux empereurs d'accéder à l'amphithéâtre sans traverser la foule — a été ouvert au public pour la première fois. Ce projet, cofinancé par le Plan national de relance et de résilience italien à hauteur de 160 000 euros, a inclus la conservation structurelle, la restauration des stucs décoratifs et l'installation d'une passerelle accessible. Une seconde phase de restauration de ce passage, portant sur la section extérieure au périmètre du Colisée, est prévue pour débuter en 2026.
Par ailleurs, l'entrée sud du monument a bénéficié d'une rénovation sur quatre ans, supervisée par le studio Stefano Boeri Interiors, qui a abaissé la piazza à sa hauteur d'origine, restitué les escaliers d'approche et refait les sols en travertin provenant des mêmes carrières de Tivoli que celles utilisées lors de la construction antique.
Questions fréquentes
Comment s'appelle le célèbre amphithéâtre romain ?
Le célèbre amphithéâtre romain s'appelle le Colisée, dont le nom officiel est l'amphithéâtre Flavien (Amphitheatrum Flavium). Il est situé au centre de Rome, en Italie.
Qui a construit le Colisée et quand ?
La construction a été initiée par l'empereur Vespasien vers 70-72 apr. J.-C. et achevée en 80 apr. J.-C. par son fils Titus. Des travaux complémentaires ont été réalisés sous Domitien.
Combien de personnes pouvait accueillir le Colisée ?
Le Colisée pouvait accueillir entre 50 000 et 80 000 spectateurs, répartis selon la hiérarchie sociale romaine.
Quels spectacles se déroulaient dans le Colisée ?
Les principaux spectacles étaient les combats de gladiateurs, les chasses d'animaux sauvages (venationes) et, dans les premières années, des batailles navales (naumachiae) rendues possibles par l'inondation de l'arène.
Le Colisée est-il encore visitable aujourd'hui ?
Oui. En 2026, le Colisée est entièrement ouvert au public et fait l'objet de programmes de restauration actifs. Des sections récemment restaurées, comme le passage de Commodus, sont désormais accessibles aux visiteurs.