Coucou ou coucous : quelle est la bonne orthographe ?
La question du pluriel de coucou revient régulièrement, en particulier à cause d'une confusion avec les sept noms en -ou qui font leur pluriel en -x. La réponse est pourtant tranchée par tous les dictionnaires de référence : le pluriel correct est bien coucous, avec un s final. Que l'on parle de l'oiseau, de l'horloge à carillon, de la plante ou de l'interjection, la forme reste identique.
La règle générale des noms en -ou
En français, la très grande majorité des noms terminés par la syllabe -ou forment leur pluriel de façon ordinaire, en ajoutant simplement un s : un trou → des trous, un sou → des sous, un coup → des coups. Cette règle s'applique à la quasi-totalité des mots de cette famille.
Il existe cependant un groupe restreint d'exceptions, figé depuis longtemps par l'usage et par les académiciens, qui prennent un x au pluriel. Ces sept mots sont universellement appris à l'école primaire :
- bijou → bijoux
- caillou → cailloux
- chou → choux
- genou → genoux
- hibou → hiboux
- joujou → joujoux
- pou → poux
Coucou n'appartient pas à cette liste. Son pluriel est donc coucous, sans exception ni ambiguïté.
Ce que disent les dictionnaires de référence
Le Dictionnaire de l'Académie française (9e édition) valide la forme coucous et en fournit des exemples comme « les coucous suisses » pour désigner les horloges à carillon. Le Larousse et le Robert confirment la même orthographe, quelle que soit l'acception retenue. Le Wiktionnaire, qui consigne l'usage attesté, dispose d'une entrée distincte pour coucous, forme plurielle reconnue.
Aucune source normative ne mentionne la forme *coucoux — qui serait une erreur par analogie avec hiboux ou genoux.
Pourquoi cette confusion existe-t-elle ?
La méprise vient presque toujours du voisinage phonétique et sémantique entre coucou et hibou. Ces deux oiseaux au nom en -ou sont souvent cités ensemble, et hibou faisant partie des sept exceptions, le transfert analogique se produit facilement. L'enseignement de la liste « bijou, caillou, chou… » crée une vigilance légitime, mais qui peut se retourner contre le scripteur s'il élargit trop la liste.
Par ailleurs, la terminaison -oucou rappelle phonétiquement -oux à l'oreille de certains locuteurs, ce qui renforce l'hésitation à l'écrit. Il s'agit pourtant d'un simple effet acoustique, sans fondement grammatical.
Les différents sens de coucou et leur pluriel
Le mot coucou recouvre plusieurs réalités, et la règle orthographique s'applique de la même façon dans chaque cas :
- L'oiseau : passereau migrateur connu pour son chant caractéristique et son comportement de parasite de couvée — des coucous gris.
- L'horloge : mécanisme d'horlogerie à figurine mobile qui émerge à chaque heure — deux coucous suisses.
- La plante : nom populaire de la primevère officinale (Primula veris), fleur de printemps — des coucous sauvages.
- L'interjection ou le nom : salutation familière, en particulier employée dans les messages écrits informels — les petits coucous du matin.
- L'avion vieillot (familier) : terme affectueux pour un appareil dépassé — de vieux coucous de l'aviation.
Dans toutes ces acceptions, le pluriel coucous s'écrit avec un s final.
Moyen mnémotechnique
Pour ne plus hésiter, il suffit de retenir que les sept exceptions en -x ne contiennent pas d'oiseau commençant par la lettre c — même si le hibou est un oiseau. Le coucou appartient à la règle générale, pas à ce club fermé. Une formule simple : coucou prend un s, comme cou, sou, verrou.
Questions fréquentes
Le pluriel de coucou est-il coucous ou coucoux ?
Le pluriel correct est coucous, avec un s. La forme coucoux est une erreur : coucou ne fait pas partie des sept noms en -ou qui prennent un x au pluriel (bijoux, cailloux, choux, genoux, hiboux, joujoux, poux).
Pourquoi hibou fait hiboux mais coucou fait coucous ?
Parce que ce sont deux mots distincts. Le pluriel en -x de hibou est une exception mémorisée par convention, au même titre que bijou ou genou. Cette liste est fermée et fixée par l'usage historique : coucou n'y a jamais figuré.
La règle est-elle la même pour l'oiseau et pour l'horloge ?
Oui. Qu'il s'agisse de l'oiseau, de l'horloge à carillon, de la plante ou de l'interjection, le pluriel est toujours coucous. L'orthographe ne change pas selon le sens du mot.
L'Académie française confirme-t-elle cette orthographe ?
Oui. Le Dictionnaire de l'Académie française (9e édition) atteste la forme coucous et cite des exemples comme « les coucous suisses ». Le Larousse et le Robert vont dans le même sens.