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Éteindre un incendie : techniques et consignes de sécurité

Publié 21. novembre 2024 Mis à jour 13. juin 2026

Comment éteindre un incendie efficacement et en toute sécurité ?

Face à un départ de feu, les premières minutes sont décisives. Une intervention rapide et bien menée peut maîtriser un incendie naissant avant qu'il ne se propage ; une mauvaise réaction peut au contraire aggraver la situation et mettre des vies en danger. Connaître les gestes fondamentaux, choisir le bon agent extincteur et savoir reconnaître les situations qui dépassent les capacités d'un non-professionnel constituent les bases indispensables de toute démarche de sécurité incendie.

Évaluer la situation avant d'intervenir

La première règle est de ne jamais agir dans la précipitation. Avant tout geste, trois questions s'imposent : le feu est-il encore à un stade naissant (moins d'un mètre carré, fumée limitée) ? Une voie d'évacuation reste-t-elle libre derrière soi ? Un extincteur adapté est-il disponible à portée immédiate ?

Si la réponse à l'une de ces questions est négative, la priorité absolue est d'évacuer les personnes présentes, de fermer les portes et d'appeler le 18 (pompiers) ou le 112 (numéro d'urgence européen). Tenter d'éteindre un feu déjà bien développé sans équipement professionnel est dangereux et souvent vain. La sécurité des personnes prime toujours sur la protection des biens.

Les classes de feux : comprendre ce qui brûle

L'efficacité d'une extinction dépend directement de la nature du combustible. La norme européenne NF EN 2 établit plusieurs classes de feux, auxquelles correspond un type d'agent extincteur spécifique.

  • Classe A — feux secs : matériaux solides à base de cellulose (bois, papier, carton, textiles). L'eau est l'agent le plus efficace.
  • Classe B — liquides inflammables : essence, huile minérale, peintures, solvants. La mousse ou la poudre sont recommandées.
  • Classe C — gaz inflammables : propane, butane, méthane. Il faut d'abord couper l'alimentation en gaz avant toute extinction ; la poudre ABC convient.
  • Classe D — métaux combustibles : magnésium, aluminium en poudre, lithium métallique. Ces feux nécessitent des poudres spéciales et une intervention de professionnels.
  • Classe F — huiles et graisses de cuisson : fritureuses, bacs à graisse. Des extincteurs spécifiques de classe F existent ; l'eau est à proscrire absolument (projection explosive).
  • Classe L — batteries au lithium-ion : intégrée aux référentiels professionnels en France, cette catégorie concerne les véhicules électriques, trottinettes et appareils électroniques. Elle requiert des agents extincteurs adaptés et, dans la plupart des cas, une intervention des services de secours.

Choisir le bon extincteur

Un extincteur inadapté peut non seulement être inefficace, mais aussi aggraver l'incendie ou provoquer des accidents graves (projection de graisses enflammées, électrocution).

  • Extincteur à eau pulvérisée : idéal pour les feux de classe A. Certains modèles avec additif conviennent également à la classe B.
  • Extincteur à poudre ABC : polyvalent, efficace sur les classes A, B et C. Très répandu dans les véhicules et les bâtiments industriels. Attention : la poudre endommage les équipements électroniques et peut gêner la visibilité.
  • Extincteur CO₂ (dioxyde de carbone) : recommandé pour les feux impliquant des équipements électriques sous tension (classe C électrique), les salles informatiques, les laboratoires. Il n'abîme pas le matériel et ne laisse pas de résidu.
  • Extincteur à mousse : adapté aux classes A et B, particulièrement pour les nappes de liquides inflammables de grande superficie.
  • Extincteur de classe F : obligatoire en cuisine professionnelle, conçu pour stopper les feux de graisses sans provoquer d'éclaboussures enflammées.

En France, le Code du travail (articles R4227-28 à R4227-33) impose à chaque employeur de mettre à disposition des extincteurs adaptés aux risques spécifiques de ses locaux et de les faire vérifier annuellement par un professionnel certifié.

La méthode PASS : utiliser un extincteur correctement

L'utilisation d'un extincteur portatif obéit à une séquence mnémotechnique standardisée connue sous l'acronyme PASS :

  • P — Tirer la goupille de sécurité (ou déverrouiller le dispositif de blocage).
  • A — Viser la base des flammes, jamais le sommet. Le diffuseur doit être orienté vers la source du combustible, pas vers les flammes elles-mêmes.
  • S — Serrer la poignée pour déclencher la projection de l'agent extincteur.
  • S — Balayer horizontalement en maintenant le jet dirigé vers la base du feu, en mouvements lents de gauche à droite.

Il convient de se placer dos au vent ou à la ventilation, à une distance d'environ 1 à 3 mètres selon le type d'extincteur, et de toujours conserver la voie de sortie derrière soi. Un extincteur portatif standard se vide en 8 à 15 secondes : chaque seconde compte.

Cas particuliers

Feu de cuisine

Un feu de friteuse ou de poêle ne doit jamais être combattu avec de l'eau. La réaction eau-huile chaude provoque une explosion de vapeur projetant des gouttelettes enflammées à plusieurs mètres. La première action est de couper la source de chaleur (plaque, gaz), puis de couvrir le récipient avec un couvercle ou une plaque métallique pour étouffer les flammes en privant le feu d'oxygène. Un extincteur de classe F ou une couverture anti-feu sont les équipements adaptés.

Feu électrique

En présence d'un équipement électrique en feu, il faut d'abord couper le courant au disjoncteur si cela est possible sans risque. L'eau est formellement interdite sur un feu électrique sous tension. Un extincteur CO₂ ou à poudre (en vérifiant le pictogramme de classe électrique sur l'appareil) doit être utilisé.

Feu de voiture

Face à un véhicule en feu, l'évacuation de tous les occupants est la priorité immédiate. Il ne faut pas ouvrir le capot brusquement : l'afflux d'air peut intensifier l'incendie. Un extincteur à poudre ABC peut être utilisé par les aérations ou par le bas du véhicule. Si le feu dépasse le stade naissant ou s'il s'agit d'un véhicule électrique (risque de feu de batterie de classe L prolongé et difficile à maîtriser), seuls les pompiers disposent des moyens adéquats.

Les innovations techniques en 2026

Les services de secours développent continuellement de nouvelles approches. La Brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) a notamment déployé en 2025-2026 une technologie de brumisation diphasique, reposant sur un mélange d'air et d'eau sous haute pression projeté en gouttelettes ultrafines. Cette technique réduit significativement la consommation d'eau, limite les dégâts des eaux et améliore la pénétration dans les locaux enfumés. La BSPP prévoit d'équiper la moitié de ses véhicules de ce système d'ici la fin de l'année 2026.

Questions fréquentes

Peut-on utiliser de l'eau pour éteindre n'importe quel incendie ?

Non. L'eau est efficace sur les feux de matériaux solides (classe A : bois, papier, tissu), mais elle est dangereuse, voire fatale, sur les feux de graisses de cuisson (classe F) où elle provoque des projections d'huile enflammée, et sur les feux électriques sous tension où elle crée un risque d'électrocution. Elle est également déconseillée sur les feux de liquides inflammables (classe B) en raison du risque de dispersion du combustible.

Que faire si l'on n'a pas d'extincteur sous la main ?

En l'absence d'extincteur, quelques gestes permettent de limiter un feu naissant : couper la source d'énergie (courant, gaz), étouffer les flammes avec une couverture anti-feu ou un torchon humide pour les petits feux, fermer portes et fenêtres pour limiter l'apport d'oxygène. Si ces actions ne suffisent pas en quelques secondes, l'évacuation et l'appel au 18 ou au 112 restent la seule option raisonnable.

À quelle fréquence faut-il vérifier un extincteur ?

En France, la réglementation impose une vérification annuelle des extincteurs dans les établissements recevant du public (ERP) et les locaux professionnels, réalisée par un technicien certifié. Pour les particuliers, il est recommandé de vérifier visuellement l'extincteur tous les ans (pression, état du tuyau, goupille en place) et de le faire réviser par un professionnel tous les 5 à 10 ans selon les recommandations du fabricant.

Quand faut-il absolument laisser faire les pompiers et ne pas intervenir soi-même ?

Il faut impérativement appeler les secours et évacuer sans tenter d'intervenir lorsque : le feu dépasse un mètre carré ou s'est propagé à un plafond ou à une cloison ; la pièce est fortement enfumée ; il s'agit d'un feu de batterie lithium-ion ou d'un feu de gaz dont on ne peut couper l'alimentation ; on ne dispose pas d'extincteur adapté ; ou lorsque l'évacuation risque d'être compromise si l'on reste pour lutter contre le feu.

Qu'est-ce que la classe L pour les feux de batteries ?

La classe L désigne les feux impliquant des batteries et cellules au lithium-ion (véhicules électriques, trottinettes, smartphones, outils sans fil). Ces feux sont particulièrement difficiles à maîtriser car les cellules peuvent continuer à brûler ou à se ré-enflammer pendant des heures, même après une extinction apparente. Les pompiers utilisent des techniques spécifiques, notamment l'immersion prolongée dans l'eau ou des agents extincteurs adaptés. Pour un particulier, l'évacuation et l'appel au 18 sont la seule conduite à tenir.

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